Venez nombreux au Mont Sainte-Odile pour porter haut les couleurs de l’Alsace et le retour de notre région.

36 maires de la Région Grand Est ont écrit à Emmanuel Macron pour lui demander de s’opposer au retour de la Région Alsace (voir ci-dessous), la veille de sa visite à Strasbourg le 26 avril 2024. Parmi eux figurent 7 maires de villes alsaciennes :
Outre les combines politiques et intérêts carriéristes qui se cachent derrière cette lettre (censée rester secrète !), penchons-nous sur les arguments mis en avant pour convaincre le président de la République de ne pas redonner un statut régional à l’Alsace.
Une argumentation fallacieuse
A vrai dire, il n’y a qu’un seul élément mis en avant pour tenter de justifier le périmètre Grand Est, à savoir que « les soutiens régionaux en investissement n’ont jamais été aussi importants », et notamment dans les transports ferroviaires.
Sauf que cet argument est parfaitement fallacieux. Les dépenses de toutes les régions françaises – fusionnées ou non – ont augmenté ces dernières années à hauteur de leurs recettes qui viennent des dotations de l’Etat et d’une partie des impôts nationaux. Cela n’a absolument rien à voir avec un effet de taille. La seule chose qui a été démontrée à ce jour par divers travaux, c’est que la fusion n’a pas généré les économies promises. Au contraire, la grand taille induit plus de complexité, ce qui débouche sur des surcouts désormais bien identifiés.
Un mauvais coup porté à la vocation européenne de Strasbourg
La lettre mentionne également le fait que le Grand Est « aussi la Région qui porte Strasbourg ». Faut-il rappeler que Strasbourg doit son rôle de capitale européenne au fait qu’elle soit la capitale emblématique de l’Alsace et de son histoire singulière ? Depuis la fusion des régions, la ville se fait littéralement siphonner de ses institutions régionales, qui prennent la fuite pour s’installer de l’autre côté des Vosges (ARS, rectorat académique, etc.). Ce déclassement est dramatique, d’autant plus qu’il se produit sous le regard de 90 représentations diplomatiques et consulaires présentes dans la ville. Renforcer l’Alsace, c’est au contraire solidifier les institutions régionales à Strasbourg, et ainsi renforcer le statut européen de Strasbourg. Que la maire de Strasbourg et la présidente de l’Eurométropole signent cette lettre relève d’une bêtise ahurissante.
La région Alsace, une menace à l’unité de la République ?
Le dernier argument professé est le plus risible. Le redécoupage entrainerait une « fragmentation de l’action et de l’unité républicaine », rien que ça ! Dans le monde entier, la norme est de reconnaitre institutionnellement les régions historiques, sans que cela ne menace en rien l’unité nationale. On ne voit pas en quoi l’Alsace serait moins française si elle retrouvait sa place sur la carte des régions de France.
Au final, cette lettre vide de sens est d’une pauvreté affligeante. L’absence d’argumentation de la part des thuriféraires du Grand Est est néanmoins instructive, dans le sens où elle constitue une nouvelle preuve de l’inanité de la fusion des régions. Les maires qui l’ont signé n’en ressortent pas intellectuellement grandis.



Successeur de François Hollande en 2017, Emmanuel Macron est aussi son héritier politique : comme son prédécesseur, l’actuel chef de l’Etat est un jacobin invétéré et se refuse à prendre en compte les revendications régionalistes (sauf pour la Corse, dont on connait les arguments !). Le président de la République n’a cure des sondages, et il a montré à plusieurs reprises le peu d’importance qu’il accorde aux demandes des citoyens et des acteurs sociaux.
Le mépris qu’il manifeste pour l’Alsace est un scandale insupportable, et mériterait une réaction pugnace de tous les élus, notamment « macronistes », au lieu des sourires déférents et des applaudissements serviles. Pour les Alsaciens, le déplacement de M. Macron le 26 avril à Strasbourg n’est pas une déception, car plus personne n’accorde le moindre crédit aux engagements qu’il a pris par le passé pour une vraie décentralisation. Clairement, toute réflexion institutionnelle (proportionnelle, rééquilibrage des pouvoirs entre le Parlement et le gouvernement) est repoussée à 2027…
Aujourd’hui, accepter une discussion avec la Région Grand Est au sujet d’hypothétiques transferts de compétences – qui devraient avoir lieu par une loi – reviendrait à « parler cuisine avec un anthropophage », dans la mesure où Franck Leroy ne cédera pas (sauf ordre de Paris) et où la Préfète Josiane Chevalier est à la fois « juge et partie ». Si Frédéric Bierry croit utile d’entrer dans une discussion au sujet de la mise en œuvre de la résolution du 18 décembre dernier sur l’avenir de l’Alsace avec des interlocuteurs de cette trempe, on lui recommande d’enfiler des gants de boxe !
Un ordre du jour différent que l’attribution à la Collectivité européenne d’Alsace de l’intégralité des missions et des ressources de la RGE serait une illusion toxique et aboutirait, une fois de plus, à sacrifier le projet d’une Région Alsace digne de ce nom.
Lors de sa visite à Strasbourg le vendredi 26 avril 2024, Emmanuel Macron a claqué la porte à l’Alsace : pas de sortie du Grand Est. Au lieu de cela, il souhaite que des discussions s’engagent entre les exécutifs de la Région et de la CeA sur d’hypothétiques transferts ou délégations de compétences.
Personne n’est dupe : il ne s’agit que d’endormir les Alsaciens et de procrastiner jusqu’aux élections Européennes pour lesquelles la menace frontiste semble être perçue en haut lieu. La proposition piétine une nouvelle fois la volonté pourtant clairement affirmée du peuple alsacien à retrouver une Région Alsace de plein exercice.
L’engagement de Frédéric Bierry, qui porte de manière constante ce projet est à saluer. Toutefois dans cette phase décisive, nous encourageons le président de la CeA à se montrer suffisamment lucide et ferme pour ne pas se laisser entrainer dans un marché de dupes. Il se doit de garder à l’esprit le piège tendu il y a plusieurs mois par le Ministère des sports pour bloquer la reconstitution de la ligue d’Alsace de football. Son triste dénouement est dorénavant connu. La résolution du 18 décembre 2023 du Conseil d’Alsace qui s’est prononcé à l’unanimité en faveur d’une Région Alsace hors du Grand Est, collectivité à statut particulier conformément à l’article 72 de la Constitution, doit être respectée et tout marchandage refusé. Seul le rapport de force semble en mesure de laver ce nouvel affront et contrer la monarchie présidentielle qui n’est assurément pas un modèle politique pour l’Alsace.
Voir aussi l’article des DNA qui reprend des éléments de cette publication : https://c.dna.fr/politique/2024/04/27/les-partisans-de-la-sortie-de-l-alsace-du-grand-est-en-colere
Le vote consultatif à la Ligue de football du Grand Est a donné le résultat suivant, les Alsaciens faisant le plein de leurs voix : pour la création d’une Ligue d’Alsace 38,26 % – contre 61,74 %. Ce vote fait suite à celui du Disctrict d’Alsace, où 96% des clubs se sont prononcés sur le projet de scission. Ce sera désormais à la Fédération française de football (FFF) de trancher la question le 8 juin prochain.
Face au blocage organisé par les milieux jacobins et autres anti-alsaciens de toute obédience, il appartient aux élus d’Alsace, au Parlement comme dans les Collectivités territoriales, d’affirmer haut et fort notre ambition et de montrer aux citoyens que ce chemin existe, conformément à la résolution votée par la Collectivité européenne d’Alsace le 18 décembre dernier.
Cessons de jouer aux billes ! C’est aux Alsaciens de montrer qu’ils veulent vraiment bâtir ensemble l’avenir de l’Alsace. C’est à Paris que se joue la sortie de l’Alsace de la Région Grand Est , qu’il s’agisse des fédérations sportives ou des institutions politiques.
Quand l’Alsace sera redevenue une Région, tout le monde en tirera les conséquences, pour le football comme dans tous les domaines de la vie sociale et culturelle.
Les prochains mois nous offrent la possibilité d’influer de manière décisive sur les décisions à prendre, notamment à Paris : les députés et les sénateurs doivent avoir le courage de leurs responsabilités !
La cérémonie du Grand Prix du Trombinoscope des Territoires s’est tenue le 28/11/2023 à l’hôtel de la Région Grand Est de Strasbourg. Organisé par une entreprise spécialisée dans la communication politique (Trombi Média), l’objectif de ce prix est de récompenser des politiques dont l’action a participé au « rayonnement de la Région Grand Est au-delà de ses frontières ». Le nom des personnalités a été choisi par des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle du Grand Est.
Nous pouvons constater que le microcosme politico-médiatique entretient des relations très étroites. Car non seulement les prix ont été remis à l’hôtel de la Région Grand Est, mais sur les 8 prix, 3 sont revenus au président et à deux vice-présidents du Conseil régional :
Et pour entretenir des bonnes relations de complaisance avec les médias, rien de mieux que d’organiser un beau cocktail pour l’occasion. Suite à une question du conseiller régional Jordan Guitton (groupe RN), la Région Grand Est a indiqué qu’il a couté 2 519 euros, budget imputé à la direction du protocole et des relations publiques.
Comment s’étonner encore de la partialité avec laquelle les médias traitent la question de la sortie de l’Alsace du Grand Est ? Souvent traité de manière caricaturale dans les médias « locaux » quand il n’est pas simplement soumis au silence, le sujet va manifestement à l’encontre de leur logiciel de pensée. Entretenir cette connivence en utilisant l’argent public de la Région pour ce type d’évènement, voilà qui est bien commode pour un traitement complaisant des actions de la Région Grand Est.
Selon le dernier baromètre de la confiance des Français dans les médias (Kantar), seul un quart des Français estime que les journalistes sont indépendants aux pressions de l’argent (26%) ou à celles du pouvoir (24%). Une crise de défiance manifestement bien partie pour durer.
Le Conseil de la Collectivité européenne d’Alsace a adopté solennellement, dans sa session plénière du 18 décembre, son « Projet pour l’Alsace de demain ». Enfin !
Par cette Résolution, l’institution qui – depuis 2021 – est en charge du présent et de l’avenir de l’Alsace a exprimé sans fioritures la revendication politique de sa sortie de la Région Grand Est. Cette étape cruciale est le résultat d’un travail de fond impliquant à la fois les élus et le peuple alsacien d’une manière plus large. Notre association a joué un rôle actif dans ce processus et a contribué à enrichir le projet par son expertise.
La procédure souhaitée par Frédéric Bierry et sa majorité départementale pour obtenir le statut de Région européenne d’Alsace (ReA) – conformément à l’article 72 de la Constitution, sur le modèle de la Corse – est claire, crédible et opérationnelle. La délibération demande le vote d’une loi d’habilitation pour permettre au gouvernement (cf article 38 de la Constitution) de définir le nouveau statut de l’Alsace hors du Grand Est, la date d’entrée en vigueur étant fixée au 1er janvier 2025.
Désormais, c’est à Paris que tout se joue, alors que le calendrier est très serré. Le Président Emmanuel Macron va devoir trancher, car l’Alsace ne peut pas être en même temps dans la RGE et bénéficier de missions et de moyens spécifiques. La ReA est la seule réponse possible à l’exigence démocratique d’une large majorité des citoyens. Son statut doit faire l’objet d’une concertation avec tous les partenaires concernés (y compris la RGE) dans la plus grande transparence, car le capital de confiance du chef de l’Etat a beaucoup diminué. Malheureusement, organiser un référendum n’est sans doute plus possible : toutefois un débat ouvert à tous est indispensable pour légitimer une telle démarche.
Aux Alsaciens de mettre la pression, notamment en sollicitant les parlementaires (députés et sénateurs) afin de permettre le vote de cette loi d’habilitation au printemps (avant les élections européennes). Quant au contenu du statut, les « ingrédients » sont d’ores et déjà à l’Elysée.
Bonne année 2024 ! E gueter Rutsch ins neje Johr !
La polémique à propos de plaques de rues bilingues en Alsace, et tout particulièrement à Colmar reflète des clivages idéologiques et psychologiques anciens : la « honte » devant l’identité historique de l’Alsace, ancrée dans la culture allemande. Sans revenir à Fréderic Hoffet (Psychanalyse de l’Alsace, 1951), de nombreux habitants continuent à nier l’évidence en se « drapant » dans un patriotisme outragé… En réalité, les jeunes générations, qui ont largement abandonné le dialecte, se désintéressent de la question toponymique et les touristes y sont indifférents, l’enseigne d’un restaurant étant plus importante que son adresse (sauf pour la localisation GPS !).
Quand on parle de « traduction », il faudrait s’entendre sur la langue initiale. En Alsace, les parties les plus anciennes de nos villes et villages ont toujours porté des noms en alsacien, avec une graphie le plus souvent en allemand. Ce n’est qu’au fil du temps que des termes français ont été introduits, parfois sur la base d’une traduction approximative, voire fausse. A Strasbourg, les exemples abondent, le plus stupide étant la « Rue du Dôme », Münstergasse jusqu’en 1918, devenue « Rue de la Cathédrale » au retour à la France, puis « Domgasse » en 1940 (Hochdeutsch) et enfin en 1945, la dénomination actuelle (traduction de dictionnaire) sans la moindre coupole à l’horizon.
Pour être clair : les termes français sont des traductions de l’original en alsacien/allemand – et non l’inverse. Face aux gesticulations les plus chauvines, les responsables municipaux doivent expliquer qu’il ne s’agit pas de traduire, mais de compléter par l’appellation authentique l’information du promeneur. L’important est d’ailleurs l’utilisation par la population et les services administratifs de l’un ou de l’autre nom, qui devrait également être référencé par les moyens de guidage électronique. Du reste, la question des noms de lieu se pose également pour le cadastre où un « topocide » est en cours dans le silence général (remembrement, dite numérisation du Livre foncier, etc.). Un vaste chantier de protection et de valorisation pour l’OLCA !
Le mardi 14 novembre 2023, en Corse, quatre hommes d’une trentaine d’années ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis et 2 500 euros d’amende pour violences aggravées en réunion. Ils avaient agressé et blessé grièvement deux gendarmes à la sortie d’un bar d’Ajaccio.
Le mercredi 15 novembre 2023, En Alsace, cinq jeunes dont deux filles ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis et 6 000 euros de dommages et intérêts pour avoir aspergé de peinture des voitures publicitaires Grand Est lors du Tour de France féminin. L’objectif de ces jeunes Alsaciens était de dénoncer la fusion des régions et la politique identitaire du Grand Est qui en découle.
Certes, jeter de la peinture sur une voitures est un acte illégal. Mais comment peut-on mettre une condamnation aussi disproportionnée, au niveau de celles concernant des faits de violences sur personnes ? Chercherait-on à envoyer un message plus global au peuple alsacien, pour faire taire la contestation contre la fusion des régions ?
Alors que la police et la gendarmerie font face à des manques de moyens criants pour mener leurs enquêtes, on peut s’interroger sur les moyens mobilisés (vidéo surveillance ; relevés téléphoniques ; enquête de voisinage ; tapissage photographique, dossier de 600 pages, etc.). Dignes d’une affaire criminelle, ce ne sont pas moins de quatre brigades de gendarmerie qui ont mené les arrestations (avec menottes dans certains cas).
Pourquoi un tel zèle et une telle sévérité pour s’être attaqué au logo du Grand Est ? Cette affaire rappelle de bien mauvais souvenirs. Lorsque la France a malmené l’identité alsacienne par le passé, au lieu de faire amende honorable, elle a cherché à faire taire les Alsaciens via des procès retentissants (procès de Colmar de 1928, procès de Bordeaux de 1953).
Si cette nouvelle affaire est incommensurablement moins lourde, le même schéma semble se répéter. L’Etat français, en fusionnant les régions, a violé un traité européen en supprimant la Région Alsace sans consultation de ses habitants. En commettant cet acte illégal, il a déclenché une crise en Alsace qui fini par déboucher sur des actes de contestation (ce qui était prévisible et inéluctable). Incapable de répondre aux aspirations légitimes des Alsaciens, la seule réponse des institutions de la République à ce stade est de faire la sourde oreille et de réprimer de manière disproportionnée le moindre coup d’éclat visant la Région Grand Est.
En condamnant ainsi ces cinq jeunes, c’est l’ensemble du peuple alsacien qu’on piétine une fois de plus. C’est pourquoi nous leur apportons notre soutien, et invitons à contribuer à la cagnotte leur permettant à faire face aux frais de leur défense : Cagnotte : Soutien à 5 militants alsaciens ! – Leetchi.com
Pour ceux qui n’ont pas pu assister au débat que nous avons organisé le 9 novembre au FEC avec les députés Sandra Regol, Laurent Jacobelli et Raphaël Schellenberger, voici le compte-rendu publié sur le média en ligne Alsace News.
Nous en retiendrons que l’autonomie régionale n’est plus un tabou, puisque le terme autonomie a été utilisé et revendiqué. Mais il reste encore à le traduire réellement dans le projet de « Région européenne Alsace ».
Le succès de l’évènement, qui a permis d’ouvrir les réflexions sur l’avenir de l’Alsace à un nouveau public, nous encourage à en refaire d’autres (y compris avec des courants politiques qui n’étaient pas représentés cette fois-ci).