Non ! Ce n’est pas encore perdu !

Oui, l’Alsace est encore possible ! C’est ce que nous montrons dans ce journal gratuit de 12 pages. Imprimé et diffusé à plus de 150 000 exemplaires, il sera prochainement distribué dans de nombreuses villes et villages d’Alsace. Mais vous pouvez d’ores et déjà le consulter en ligne en cliquant sur l’image.

Bonne lecture !

Une du journal

Consultez le journal, et partagez-le  !

L’Alsace que nous voulons !

Le Club Perspectives Alsaciennes, cercle de réflexion réunissant des femmes et des hommes d’horizons politiques divers, revendique la sortie de l’Alsace du Grand Est, afin que soit respectée la volonté de la majorité des habitants de l’Alsace qui n’ont jamais été consultés à propos de cette fusion technocratique. Mais le retour à l’Alsace d’avant n’a pas de sens si elle ne jouit pas d’avantage de pouvoirs, de compétences, aussi bien au niveau de la région que de ses composantes, les territoires locaux.

C’est la raison pour laquelle le CPA a entrepris une ébauche sur la gouvernance et l’architecture institutionnelle d’une nouvelle Alsace sous la forme de ce manifeste qu’il vous invite à lire, en souhaitant également que vous réagissiez à ce document en n’hésitant pas à y apporter vos contributions, car rien ne doit être figé dans l’expérimentation que nous voulons partager avec les Alsaciennes et les Alsaciens.

Téléchargez notre projet pour l’Alsace (pdf)

Conférence de Pierre Kretz à Haguenau : « L’Alsace n’existe plus »

kretzPierre Kretz, ancien avocat, essayiste et metteur en scène présentera son dernier ouvrage « l’Alsace n’existe plus » dans lequel il est question de la « faillite du système démocratique français… et des méfaits et absurdités du Grand Est ».

Date : lundi le 13 mars 2017 à 20 heures

Lieu : amphithéâtre de l’I.U.T. de HAGUENAU (30 rue du maire Traband)

Affiche de la Conférence de Haguenau (pdf)

TER Grand Est : l’art du trompe-l’oeil

par Jean-Philippe Atzenhoffer, docteur en sciences économiques de l’Université de Strasbourg, 24 février 2017.
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La disparition de la région Alsace au profit du Grand Est a été justifiée par le gouvernement par les économies qu’elle allait générer. Mais, contrairement à cette affirmation, diverses analyses pointaient au contraire les inévitables surcouts liés à la fusion des régions.

Face à cette remise en cause de la pertinence du périmètre régional, Philippe Richert, après l’avoir pourtant combattu, tente maintenant de le justifier à travers l’argument suivant : la région Grand Est serait efficace car « tous les jours, 200 trains supplémentaires circulent dans le Grand Est depuis que nous avons signé et voté la convention TER sans que cela ne coûte plus cher. Sans le Grand Est, cela n’aurait pas été possible » (La Semaine, 27/12/2016). Ainsi, grâce à la fusion, il serait possible de faire circuler plus de trains pour le même coût.

Attribuer au Grand Est ce gain d’efficacité revient à supposer que la mise en circulation de ces trains supplémentaires n’aurait pas été réalisée en gardant les anciennes régions. Ce message a été systématiquement relayé dans différents médias par Philippe Richert ces dernières semaines.

Le problème, c’est que cet argument est pour le moins douteux, pour ne pas dire trompeur.

Des gains liés au cadencement

Comment est-il possible de faire circuler 200 trains de plus pour un coût identique ? Selon un communiqué de la région du 19 décembre 2016, « Le Grand Est et SNCF Mobilités consolident ainsi leur engagement pour 8 années supplémentaires afin de favoriser la mobilité des usagers des transports ferroviaires, et vont faire circuler 200 trains de plus chaque jour à coût constant en 2017, grâce au cadencement du réseau, mis en oeuvre ou amélioré successivement en Lorraine, sur le triangle marnais (Reims, Châlons-en-Champagne, Epernay) et sur le TER 200 en Alsace ». Ainsi, le gain d’efficacité vient de la mise en place du cadencement.

Le cadencement consiste à faire circuler des trains de manière régulière tout au long de la journée. Sur une ligne cela signifie que les trains se succèdent à intervalle fixe, par exemple toutes les heures, ou toutes les demi-heures. À l’image d’un tapis roulant, à chaque train correspond un train en miroir qui circule dans l’autre sens.

Selon Jaques Weill, responsable régional de SNCF mobilité, Le cadencement permet une meilleure organisation et de meilleures rotations qui se traduit par 23% de trains supplémentaires en Lorraines (l’Est Républicain, 14/09/2016). C’est à dire une centaine de trains supplémentaires pour la seule région Lorraine.

Mais est-il vraiment nécessaire de fusionner les régions à l’échelle du Grand Est pour mettre en place le cadencement, comme l’affirme Philippe Richert ?

Il n’en est rien. L’introduction du cadencement ne dépend aucunement de la taille de la région, étant donné qu’il peut se décider pour chaque ligne séparément. Il n’y a donc aucune utilité à avoir une grande région pour le mettre en place. Le Luxembourg, pourtant près de quatre fois plus petit que l’Alsace en superficie et en population, a adopté le cadencement des trains depuis presque vingt ans, en 1998.

En réalité, le cadencement réalisé en Lorraine ne vient pas d’une décision du Grand Est. C’est un projet initié par la région Lorraine depuis 2013, bien avant la fusion des régions. Ainsi, le Grand Est s’approprie un gain qui vient d’une décision antérieure à sa création, ce qui n’empêche pas son président d’affirmer que cela n’aurait pas été possible sans le Grand Est. Mais de qui se moque-t-on ?

Par conséquent, les supposées économies réalisées sur les trains ne constituent en rien une preuve de l’efficacité du Gand Est, puisqu’elles auraient de toute façon été réalisées en conservant les régions historiques. Pourtant, il s’agit de l’unique argument avancé à ce jour pour justifier le Grand Est.

Mais où sont les économies ?

Si le Grand Est voulait vraiment justifier des économies réalisées, c’est sur les dépenses effectivement comptabilisées qu’il faudrait regarder. Les régions doivent en effet publier une comptabilité selon des normes comptables particulières (dénommée M71). On y retrouve notamment les dépenses liées au fonctionnement des élus et du personnel, telles que les rémunérations, les frais de déplacement, les frais d’hébergement, etc.

Philippe Richert a récemment déclaré : « Il m’arrive de faire 1 000 kilomètres en une journée » (La Semaine, 27/12/2016). Sachant que les indemnités kilométriques sont de 25 à 35 centimes par kilomètre pour les déplacements des élus régionaux, cela donne environ 300 euros en une seule journée pour son président. Voici des frais directement liés au nouveau périmètre régional objectivement mesurables. Et effectivement, dans ce cas, on peut dire que sans le Grand Est, cela n’aurait pas été possible.

Il est intéressant de constater qu’au niveau de ces coûts de fonctionnement, le Grand Est semble beaucoup moins enclin à communiquer. Pourtant, c’est sur ces éléments précis que le Grand Est était censé générer des économies. Mais à ce niveau, pour le moment, c’est silence radio.

L’Alsace disparaît des livres scolaires, et bien plus encore !

Club Perspectives Alsaciennes, le 6 février 2017.

histoiregeo-hachetteSelon les DNA de ce jour, la nouvelle édition du manuel scolaire d’histoire-géographie de Hachette fait disparaître l’Alsace des cartes. La carte des nouvelles régions administratives (page 240) ne fait désormais plus mention de l’Alsace, ce qui était prévisible. Mais l’Alsace disparaît également de la carte des reliefs du pays (page 241), qui mentionne pourtant encore les Vosges et la Lorraine.

A long terme, cette tendance est dangereuse. Déjà aujourd’hui, les jeunes qui sortent du lycée ont une très mauvaise connaissance de la géographie et de l’histoire de l’Alsace, c’est à dire sa dimension rhénane, au contact direct de l’Allemagne et de la Suisse. De nombreux jeunes alsaciens ne savent même pas ce que signifie le terme  »Pays de Bade », leur connaissance du voisinage de l’Alsace se limitant souvent à Europapark. Ceci est la conséquence de l’inadéquation totale des programmes scolaires pour l’Alsace.

L’effacement de l’Alsace des programmes scolaires résonne avec d’autres mesures prises par la région Grand Est. Depuis le 1 janvier 2017, les plaques d’immatriculation sont estampillées Grand Est, les annonces dans les trains TER ont substitué le terme Alsace par Grand Est. Les exemples de ce remplacement sont déjà nombreux.

A long terme, l’effacement de l’Alsace programmée par le Grand Est est dangereux. Contrairement à ceux qui disaient qu’il s’agissait d’une réforme purement administrative, qui ne changerait rien à l’identité et au quotidien des gens, il s’agit bien d’une tentative d’imposer une nouvelle identité. Pour 2017, le Grand Est souhaite  »donner corps à une politique mémorielle qui puisse s’appliquer sur l’ensemble du territoire régional », à travers un Comité d’Histoire Régionale du Grand Est (rapport 16SP-3225 de la Commission Culture du Grand Est).

En créant de toute pièce une histoire régionale Grand Est, c’est bien une nouvelle identité GrandEstienne qu’on tentera de nous imposer. En effaçant l’Alsace partout où c’est possible, petit à petit, le Grand Est affaiblira l’identité alsacienne, pour la substituer par une identité factice imposée d’en haut.

Nous refusons cette tentative d’usurpation d’identité. Face à ce danger, nous considérons que l’avenir de l’Alsace passe obligatoirement par une sortie du Grand Est. C’est également une condition nécessaire à tout projet ambitieux pour la nouvelle collectivité territoriale envisagée par les conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

 

 

Du Grand Est à l’Alsace : nous ne reviendrons pas en arrière, nous bondirons en avant

par Jean-Paul Sorg, philosophe. (article publié dans l’Ami Hebdo du 15 janvier 2017).

jpsorgNous l’aurons entendu plusieurs fois, lors des vœux de Nouvel An et pour le 1er anniversaire, le 4 janvier, de l’institution de la grande région baptisée « Grand Est », et nous l’entendrons encore souvent, à chaque occasion : « On ne reviendra pas en arrière ». C’est dit comme une évidence, énoncé comme une maxime de sagesse, présenté comme la loi d’un irréversible progrès en marche. Ne nous laissons pas impressionner. Ce propos idéologique, dont l’auteur confond son désir de puissance avec la réalité des choses, il importe de le démonter philosophiquement et par là même de préparer les esprits et les volontés à un souhaitable, possible et nécessaire « démontage » du conglomérat Grand Est. En jeu, la démocratie et une vision de l’histoire.

Cela m’avait frappé dès les débuts, dès que la loi de la nouvelle réforme territoriale fut votée, le 25 novembre 2014, dès la messe parlementaire dite, l’agilité avec laquelle tout à coup la plupart de « nos » acteurs politiques et économiques se sont rapidement adaptés, alignés et mis sur le rang pour appliquer les directives, jouer le jeu, s’organiser pour emporter les élections et conquérir du pouvoir dans le nouvel espace politique qui s’ouvrait (s’offrait) à eux.

L’insidieuse pensée unique

Des membres des partis de l’oppositions pourtant, LR-UDI-Modem, adversaires résolus, en principe, des socialistes qui, seuls, avaient subitement conçu et réussi à imposer, à peu de voix près, une calamiteuse réforme territoriale que personne ne demandait. Les chefs de l’opposition avaient eux-mêmes, souvenez-vous, dénoncé et combattu le projet, encadrant ou récupérant des manifestations anti-fusion et lançant des pétitions, mais une fois la loi votée, pfft ! plus de protestations. Soumission, résignation ? Légalisme, disent-ils. Républicanisme.

Étrange revirement tout de même, dans sa promptitude. Car on a connu, sur d’autres sujets, des opposants plus coriaces, irréductibles, jurant de continuer le combat jusqu’à leur victoire, qui est victoire du droit, et promettant de revenir alors, justement, sur une loi et une politique que leur conscience, leurs principes, leur sensibilité condamnent. On n’a pas entendu « nos » ténors de l’opposition dire de telles choses qui leur auraient valu de l’estime.

On ne pouvait attendre de leur part une franche insoumission, mais au moins un retrait, une prise de distance et la décence de ne pas contribuer activement à la mise en place de dispositifs institutionnels dont ils venaient de dénoncer l’ineptie. On a observé le contraire. Opportunisme, trahison ? Ou sens de l’État ? Pourquoi, alors qu’ils appartenaient toujours à

l’opposition sur le plan national, ce zèle soudain, cet empressement à appliquer une politique qu’ils avaient combattue, en paroles, pendant des mois ? Comment l’expliquer ?

Il y a une explication première, primitive, qui vient tout de suite à l’esprit et s’exprime en privé. « Ils » vont à la soupe. « Ils » ne pensent qu’à leur pouvoir, leur place, leur rang, et à ce qu’ils peuvent gagner. Cette explication psychologique commune n’est pas entièrement impertinente et ne saurait être écartée d’un revers de plume ! Les hommes politiques et autres sont ambitieux, accros à leur carrière, et ne résistent guère aux tentations du mal, c’est assez naturel.

Mais j’avancerais, pour le cas qui nous occupe, une raison plus profonde. Il manque à cette génération des quinquagénaires et jeunes sexagénaires qui tient actuellement les leviers du pouvoir (politique comme économique) une solide conscience historique et humaniste. Elle a été, cette génération, et les suivantes le sont encore plus, déculturée, particulièrement en Alsace. Elle a appris et assimilé : « Nos ancêtres les Gaulois ». Son intelligence et sa sensibilité n’ont pas été formées sur la base d’un véritable enseignement, méthodique, soutenu, de l’histoire régionale et de la littérature régionale dans ses trois modes d’expression et son ouverture européenne. Nous payons les effets d’une déculturation qui a été programmée, sans peut-être que ses responsables aient su clairement ce qu’ils faisaient, car « une culture régionale » n’était pour eux qu’une culture subalterne, de l’ordre du folklore, sans résonance affective et citoyenne. Dénués de conscience régionale, ignorant l’histoire des sentiments, esprits froids et purement calculateurs, ils n’avaient rien à objecter de fondamental à un programme étatique d’expansion, qui pour eux signifiait rationalisation et modernisation ; ils n’avaient aucune conviction intérieure, aucune force morale, pour se soustraire à l’attrait du grand, du plus grand, donc du plus puissant.

En filigrane une certaine idée de la France, une « grande nation » qui ne saurait se satisfaire d’avoir de petites régions ! Nos voisins ont de plus grandes ! En fait, non, c’est très inégal.

Le discret pouvoir des bureaux

Toutes les têtes politiques locales n’ont pas été formatées ainsi, par l’ENA ou d’autres grandes Écoles de management et communication, mais les directeurs de cabinet, secrétaires, rédacteurs, experts, conseillers, qui les entourent et les circonscrivent, le sont. Et ils pèsent dans les manières et les mesures politiques bien plus qu’on n’imagine. C’est cette classe administrative, moulée par les écoles, fermée comme une caste, énorme impalpable bureaucratie, qui détermine et bétonne les politiques. On reproche au président de tout décider avec son directeur général des services et son directeur de cabinet. « Ce n’est pas entièrement faux », ironise-t-il.

Pour tout ce monde supérieur, dont le métier est de manager, que ce soit une entreprise ou un service administratif ou une collectivité, un accroissement de taille apparaît toujours désirable et positif. Un plus est toujours, a priori, un progrès. Ou le progrès, c’est toujours du plus. Pas facile de briser cette équation, car nous sommes ainsi faits et conditionnés que tout progrès, sous l’aspect d’un agrandissement ou d’une expansion, nous semble irréversible. « On ne reviendra pas en arrière » signifie « on n’arrête pas le progrès », n’est-ce pas. Ce serait le destin, le sens même de l’histoire humaine, d’avancer vers des unités de plus en plus grandes jusqu’à n’en constituer plus qu’une, la société mondiale, le « village-monde » ! Ceux qui voudraient demeurer dans les limites d’un petit pays et y exercer leurs droits de citoyen font figure de réactionnaires ou de conservateurs. Attention, le mot « repli identitaire » va tomber et les faucher.

L’illusion, la tromperie, c’est de faire prendre n’importe quel progrès quantitatif, en taille ou en surface, pour un progrès tout court ou un progrès en qualité. Or, le Grand Est, si bien nommé, ne permet de par sa configuration ni de réels progrès économiques ni des progrès démocratiques. Au contraire, il les empêche, comme nous le savions d’avance et comme la pratique le vérifie. Plus un organisme collectif est grand, plus il a besoin de bureaucratie pour son fonctionnement et la communication (qui autrefois s’appelait « propagande »). C’est forcément un effet de la distance accrue entre « le pouvoir » (les bureaux, les agences) et les citoyens, entre les élus et les électeurs. Inévitablement, comme le dit un homme de terrain, le conseiller départemental du Haut-Rhin Michel Habig, « on perd beaucoup en proximité, et la proximité est essentielle dans l’exercice des responsabilités publiques » (Ami-Hebdo, 30 octobre 2016). Et encore, « avec cette grande région les gens ne comprennent plus », ne connaissent plus ceux qui sont censés les représenter. Perte en représentativité, en lisibilité, en intelligibilité ! « Langueurs administratives » et processus de décisions politiques opaques. La crise démocratique que nous vivons à tous les niveaux, dans la Ve République, est principalement une crise de représentativité, que toutes les dernières réformes et découpes électorales ne font qu’aggraver.

Pour remédier à l’éloignement des services, le président mise sur les agences territoriales. « Il en existe déjà presque partout. » Il annonce néanmoins la création de nouvelles, une douzaine. Fuite en avant. Cela revient encore, dans une même logique administrative, à multiplier les guichets et renforcer la bureaucratie. Ouvrir une agence, c’est créer une

structure bureaucratique de plus, ce n’est pas donner la parole aux citoyens et améliorer les relations démocratiques.

La partie n’est pas finie

Dans une telle situation de déficit politique général, c’est une forme de mépris, c’est un déni de démocratie, que de déclarer, sans y être autorisé, qu’« il n’y aura pas de retour en arrière institutionnel ». De faire comme si une telle déclaration avait valeur de décision. Le président prétend « nous » mettre en garde.

Vrai. Le « retour à l’Alsace » ne sera pas un repli et un retour à l’état institutionnel antérieur, à un Conseil régional faible et pusillanime, tel que nous l’avons connu, aux compétences réduites et en absurde compétition avec les conseils départementaux. Les citoyens d’Alsace qui résistent veulent autre chose et ils inventeront. En sortant du « Grand Est », ils ne reviendront pas en arrière, au passé, non, ils bondiront en avant.

(à suivre)

Jean-Paul Sorg