Politique

Alsaciens, saisissons l’occasion de reprendre notre destin en main !

Tribune d’Alain Ronc. Aujourd’hui conseiller en stratégie commerciale, Alain Ronc a consacré sa vie professionnelle au développement international de grandes marques dans le domaine du sport, de la chaussure, de l’habillement. Ces marques, avec des noms comme Adidas, Arena, Le Coq Sportif, Hom, Mephisto, Patagonia, l’envoyèrent aux quatre coins du monde, notamment aux USA et en Afrique où il vécu de nombreuses années. Ayant grandi dans un village du Kochersberg, cette vie internationale ne lui fit jamais oublier son Alsace à laquelle il est resté tant attaché.

Que vous soyez des Alsaciens de souche ou de cœur, que vous habitiez en Alsace ou ailleurs, mais toujours avec une attache forte avec votre région, cette consultation 2022 vous concerne tous !

Des sondages successifs depuis la création du Grand Est démontrent que vous êtes en moyenne à 65% hostiles à la fusion de votre Alsace dans ce grand territoire sans âme, et que vous vous êtes systématiquement prononcés pour la sortie de ce Grand Est qui nous détourne inévitablement de l’espace rhénan qui a fait ce que nous sommes…

De nombreuses voix alsaciennes se sont élevées en effet contre cette réforme territoriale, avec interpellation du gouvernement sur cette injustice historique. A l’époque, en 2014, Philippe Richert et Jean Rottner étaient ‘vent debout’ contre cette réforme, obtenant la signature de 53 007 d’entre nous pour aller plaider notre cause auprès du gouvernement, lui demandant de modifier la nouvelle carte des régions, en gardant l’Alsace intacte. Mais le gouvernement Hollande est resté insensible aux souhaits des Alsaciens, et la réforme est passée, éliminant l’Alsace de la carte politique du pays.

Depuis 2016, sans tenir compte de votre avis, l’Etat a donc supprimé la Région Alsace et a donné à une grande région qui va des portes de Paris jusqu’aux rives du Rhin la charge de veiller sur notre avenir. Ce projet est une aberration, un non-sens, et comme toujours dans pareil cas, les politiques préfèrent laisser faire plutôt que de faire marche arrière, même quand en aparté ils reconnaissent que c’est une erreur.

Cette ‘erreur’ a déjà détruit bon nombre d’institutions alsaciennes pour en éloigner les centres décisionnels vers la Lorraine ou la Champagne, et de plus, alors que tout ce projet de ‘grandes régions’ devait faire réaliser des économies d’échelle, les budgets de fonctionnement ont littéralement explosé…

Résultat : c’est plus cher, moins efficace, et surtout, tout s’est éloigné du terrain !

Selon le législateur la réforme territoriale devait permettre une rationalisation des décisions, une réduction des effectifs et une meilleure gestion des budgets de fonctionnement. Il est aujourd’hui démontré, après 6 années, que ces objectifs ne sont pas atteints, et ne le seront sans doute pas…

Mais, reconnaissant le « désir d’Alsace » des Alsaciens, l’Etat a fait une première concession avec la création en janvier 2021 de la Collectivité européenne d’Alsace, fruit de la fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, qui est un ‘super-département’ très loin des compétences d’une « région ».

Aujourd’hui une étape nouvelle vous est proposée par la Collectivité Européenne d’Alsace, vous êtes donc consultés avec cette question très simple : 

« L’Alsace doit-elle sortir du Grand Est pour redevenir une Région à part entière ? »

C’est une occasion historique que vous avez de dire haut et fort si vous voulez sortir du Grand Est ou y rester…. C’est l’heure du choix.

Avec les associations alsaciennes telles le CPA (Club Perspectives Alsaciennes), l’ICA (Initiative Citoyenne Alsacienne), le MPA (Mouvement pour l’Alsace), avec de nombreux élus, avec des milliers d’Alsaciens qui durant toutes ces dernières années ont milité pour cette sortie du Grand Est, nous vous invitons à prendre position en âme et conscience, et nous espérons que vous serez nombreux à prendre part à cette consultation afin qu’elle soit la plus représentative possible.

Vous avez jusqu’au 15 février 2022 pour y participer.

Si vous répondez par OUI, votre vote ne sera pas un simple ressenti sans réelle argumentation, votre OUI à cette sortie du Grand Est puisera toute sa légitimité dans une argumentation ancrée en vous, des arguments forts et convaincants que cette consultation vous aura permis d’exprimer.

Pour ma part, les arguments majeurs qui prêchent en faveur de ce retour à notre Région Alsace se situent dans les affirmations suivantes…

  • L‘Alsace c’est une culture qui puise ses sources dans une histoire vieille de 1500 an. Cette culture, ce mode de vie, ces traditions sont autant de besoins culturels et émotionnels qui doivent être au cœur des préoccupations de notre Conseil Régional, qui doit donc être ancré en Alsace, être composé d’élus alsaciens, et qui doit siéger en Alsace.
  • L’Alsace c’est une région bilingue depuis presque 400 ans. Depuis son rattachement à la France du temps de Louis XIV, ce bilinguisme est une richesse à perpétuer. C’est une chance pour l’Alsace, et seul un Conseil Général issu des urnes alsaciennes peut en être le garant.
  • L’Alsace c’est un ancrage rhénan, combiné à une ouverture à 360° qui a fait son dynamisme économique. C’est un territoire français où le transfrontalier avec la Suisse et l’Allemagne est une réalité de longue date et qui doit être davantage encouragé.
  • L‘Alsace c’est une région de traditions qui tient à un droit local et au concordat religieux que nos aïeux ont su maintenir il y a cent ans lorsque l’Alsace fut réunifiée à la France à la sortie de la Grande Guerre. Les Alsaciens tiennent à ces droits, et seule une Région Alsace sera à même de non seulement d’en garantir la pérennité, mais aussi de le faire évoluer.
  • L‘Alsace c’est un mélange de traditions et de modernité ouverte sur le monde, notamment sur le monde rhénan qui nous entoure, avec des secteurs à la pointe de la connaissance, notamment dans la recherche scientifique
  • L’Alsace est une région parfaite par sa taille, sa géographie, et son histoire, source de proximité territoriale. Les Alsaciens ont de tout temps su gérer leurs institutions locales qui touchent à l’éducation, au sport, à la santé, au tourisme, à l’économie, à l’aménagement du territoire, et font confiance à leurs élus de proximité pour gérer leur région.
  • L’Alsace c’est la beauté si caractéristique de ses paysages et de ses villages, une beauté qu’il faut préserver. Cette beauté est née de la tradition et de l’histoire ancestrale, mais de nos jours la tradition ne suffit plus, et une assemblée d’élus d’Alsace sera mieux à même de la protéger.
  • L’Alsace est une terre où la bonne gouvernance est une tradition, et à ce titre s’évertue de bien gérer le bien public, sans gâchis. Les Alsaciens ont conscience que le Grand Est n’a fait qu’ajouter une couche au millefeuille administratif, tout en s’éloignant du quotidien des citoyens. La sortie du Grand Est fera faire à la nouvelle région des économies substantielles tout en améliorant l’efficacité de l’action publique. Ce sera du « gagnant-gagnant ».
  • L’Alsace a toujours été une terre d’ouverture et de passage, loin de tout repli sur elle-même, et maître de son destin, elle continuera à créer des liens étroits, des collaborations, avec toutes les régions limitrophes, tant à l’ouest des Vosges qu’au-delà du Rhin.
  • Enfin, les Alsaciens ont fait savoir clairement qu’ils veulent se retrouver dans une région de la République, une région à part entière, leur région.  A plusieurs reprises ces dernières années, des cabinets parisiens réputés (IFOP et CSA) ont sondé le cœur des Alsaciens. Quatre fois de suite entre 2017 et 2021, les Alsaciens ont fait savoir dans une très large majorité qu’ils veulent qu’on leur rende l’Alsace et qu’ils veulent sortir du Grand Est.

Pour toutes ces raisons qui ne sont qu’un échantillonnage d’un argumentaire trop vaste pour être résumé sur deux pages, l’Alsace a un droit légitime de choisir son avenir, d’autant plus que les Alsaciens n’ont jamais demandé à perdre leur région. 

Tout ceci relève non seulement de l’intérêt de l’Alsace, mais aussi de l’intérêt de la France qui peut s’enorgueillir d’avoir un territoire si beau, si européen, si riche de culture et d’histoire, et si prometteur économiquement.

Jusqu’au 15 février 2022 la CeA vous invite à vous exprimer sur cette question de la sortie de l’Alsace du Grand Est. Nous espérons que vous serez nombreux à répondre à la question, afin que son Président Frédéric Bierry obtienne de vous un message clair qui l’autorisera à porter votre parole auprès du gouvernement, avec les conséquences que nous sommes nombreux à espérer.

L’Alsace, notre Région.

Nous le voulons !   Nous le ferons !

S’Elsass, unseri Region.

Mer well’es !  Mer schàff’es !

Lien pour voter

Alain Ronc, Janvier 2022

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Démocratie et légitimité : votons Elsass !

C’est parti ! Le président de la Collectivité européenne d’Alsace, Frédéric Bierry vient de lancer une grande consultation afin d’interroger les citoyens sur l’avenir institutionnel de l’Alsace. Après une campagne atone et un fort abstentionnisme lors des élections territoriales du printemps dernier, c’est l’occasion de dire avec force que seule la sortie de la Région Grand Est répondra aux revendications d’une très forte majorité de la population.

La procédure retenue est inédite. Même si la consultation n’a pas la valeur juridique d’un référendum, il s’agit d’un acte politique important qui ne pourra être ignoré  si les Alsaciennes et les Alsaciens se mobilisent en nombre. La participation sera ainsi déterminante pour la crédibilité  politique de cette initiative.

Fini de tergiverser ! Entre le statuquo et la liberté, l’alternative est claire, même si les conséquences sont encore floues. Si F. Bierry obtient le soutien espéré, il faudra définir rapidement un calendrier et une méthode pour imposer au président de la République et au gouvernement issus des urnes dans quelques mois de respecter la volonté des Alsaciens. Le CPA appelle avec force  toutes celles et ceux qui aiment l’Alsace à exprimer un « oui » franc et massif à la question posée, à savoir la sortie du Grand Est  pour refaire  de l’Alsace une région à part entière.

Votons et partageons : https://entre-vos-mains.alsace.eu

Pour un président élu pour la Collectivité européenne d’Alsace

Frédéric Bierry souhaite placer l’avenir de l’Alsace sur le « radar » des candidats à l’élection présidentielle du printemps prochain. En relançant le débat sur la sortie de la Collectivité européenne d’Alsace du Grand Est, il espère que l’un – au moins – des candidats à l’Elysée inscrira cette ambition à son programme, ainsi que sur le calendrier politique du gouvernement. Pour les régionalistes, il est hors de question d’attendre six ans (le mandat des conseillers régionaux et départementaux élus en juin dernier est de sept ans !) pour abroger la réforme territoriale de François Hollande…

L’indispensable résolution en faveur d’une collectivité à statut particulier

Pour avoir une chance de succès, la Collectivité européenne d’Alsace doit se doter d’une stratégie cohérente et crédible, avec le vote solennel dans les premières semaines de 2022 d’une résolution exigeant sa transformation en collectivité à statut particulier (CSP) hors du carcan « grandestien ». Lors du Tour d’Alsace annoncé par Frédéric Bierry, les Alsaciens doivent exprimer avec force leur volonté d’émancipation par rapport à la Région. Une enquête d’opinion pourrait valider selon une méthode scientifique les conclusions du dialogue que le Président de la Collectivité européenne d’Alsace veut nouer avec les citoyens. Toutefois, il faut aller plus loin qu’une simple offensive de communication vers les « prétendants au trône » républicains. En effet, il est illusoire de penser que le sort de l’Alsace sera au cœur de la campagne nationale. Par contre, la rénovation institutionnelle du pays, notamment la décentralisation, pourrait devenir un thème majeur pour répondre à la crise de représentativité démocratique dont l’abstentionnisme est le (pire) symptôme.

Un besoin d’alliés

Pour gagner sa liberté, l’Alsace a besoin d’alliés, et le large mécontentement des habitants de nombreuses anciennes régions rayées de la carte peut être un atout essentiel pour influencer le vote. Parce que tout changement relève de la compétence du Parlement, les députés devront aussi être sollicités à la faveur du scrutin législatif qui suivra la présidentielle.

Elire le Président de la Collectivité européenne d’Alsace au suffrage universel direct

Enfin, une idée nouvelle pourrait être lancée : pourquoi ne pas élire le Président de la Collectivité européenne d’Alsace au suffrage universel direct ? Un horizon s’impose pour doter l’Alsace de sa « Constitution » : 2025, 500ème anniversaire de la Guerre des Paysans (Bürekrieg), serait une belle date de rendez-vous avec l’Histoire pour l’Alsace que nous voulons. Il faut oser jeter la boule dans le jeu de quilles parisien…

Jacques Schleef, 10/10/2021
Après un DEA de sciences humaines, Jacques Schleef a été officier de police. Il a notamment servi près d’une dizaine d’années en Allemagne (comme officier de liaison du ministère de l’intérieur français), au Conseil de l’Europe (au sein de la direction des Affaires Juridiques) et en République de Macédoine (au profit de l’Union Européenne). Il est aussi le fondateur (et directeur de 1996 à 2015) du festival de musique et de chansons Summerlied, ainsi que le secrétaire général du Club Perspectives Alsaciennes.

« Désir d’Alsace » et sens de l’histoire

« Vous voulez savoir ce que désirent les Alsaciens ? Mais le savent-ils eux-mêmes ? La question me semble mal posée. Il ne s’agit pas de savoir ce que nous désirons, mais ce qu’il nous faudrait. »

Robert Heitz, Mon ami Hans, 1954

L’Alsace, une fois de plus, a voté grosso modo comme les autres régions françaises. Le taux d’abstention, que l’on peut interpréter partiellement comme un taux de protestation, n’y a guère été plus élevé qu’ailleurs dans l’Hexagone.

Nouvelle preuve, s’il en fallait encore une, que l’Alsace par ses orientations politiques, ses champs d’intérêt, ses réflexes, est bien tout à fait française, parfaitement apprivoisée et assimilée. Lors du match France-Allemagne de la coupe d’Europe, les fans clubs alsaciens ont vibré pour les Bleus. De même, lors du match avec la Suisse, jusqu’au dernier souffle. L’adhésion, le sentiment d’appartenance des Alsaciens à la France est une évidence sensible en toute occasion. Républicains et Patriotes divers seraient donc mal venus de les soupçonner de tendances séparatistes !

La souffrance du désir

Le « désir d’Alsace », qu’un préfet avait diagnostiqué, que les sondages détectent, est une souffrance (un « pathos », ein Leiden), pas une colère. Pour le moment, il paraît éteint et ne se manifeste plus dans la rue. Faible, « timide », selon un titre du journal L’Alsace (édition du 23 juin), il ne s’est pas exprimé politiquement dans les urnes, ni aux élections départementales ni aux régionales. Qu’est-ce que ce désir vraiment ? En tout cas, ce n’est pas l’installation de la CEA et les obscures, technocratiques, cabalistiques lois 4D, puis 3 DS, qui vont le combler. Le commun des citoyens n’y comprend rien et n’en croit rien.

On ne l’a pas dit assez nettement. L’abstention massive, culminant à 84% chez les 18-24 ans, sanctionne (punit) un échec global de la politique de décentralisation, une politique de gribouille, de gribouillis, pas seulement par « chez nous, dans le Grand-Est, mais sur l’ensemble du territoire national. Tout serait à refonder. La France ne veut pas et ne peut pas.

Elle ne peut pas. 4 D voulait dire en mai : Différenciation, Décentralisation, Déconcentration, Décomplexification. En juin, les législateurs à la besogne ont remplacé ce dernier D (quasiment un néologisme) par un S : Simplification, et accouché de la 3 DS. La « simplification » est la cerise sur le gâteau (beaucoup de crème, genre Forêt-Noire). Explicitement, la loi portera « diverses mesures de simplification de l’action publique » (sic). Comment prendre de tels intitulés au sérieux ? Comment ne pas éclater de rire ? Qui ne voit ici clairement qu’à force de bricoler et de ne pas y aller d’une réforme franche, on obtient le contraire ? On complique à l’extrême, en y perdant son… français ! La ministre de la Cohésion des territoires reconnaît elle-même, à voix basse : « Ce n’est pas une grande loi de décentralisation ».

Le gouvernement (la France) ne comprend par « décentralisation » rien de plus qu’un effort de « déconcentration ». Les deux termes sont bêtement redondants. Mais 4 D ou 3 D impressionne plus que 2 D ! Pure affaire de rhétorique. Le mot qu’on veut éviter à tout prix est « Régionalisation ». Car il suggérerait que le mouvement de la réforme, l’action politique, partirait d’en bas, de la base, des régions elles-mêmes qui auraient en personne l’initiative de déterminer et de réclamer les différences qu’elles veulent. Or, une telle pratique démocratique est exclue par « l’idéologie française » imprimée dans les structures administratives en place et les habitudes mentales de la classe politique qui se bouscule aux manettes.

Dans ces conditions, une référence elle-même idéologique au girondisme, opposé au jacobinisme dominant – « Je me définis comme un élu centriste et girondin » -, n’est pas crédible.

Au son du pipeau

Des députés et sénateurs ont eu l’idée de créer des « fonds souverains régionaux », qui seraient alimentés par l’épargne des Français et serviraient à financer des opérations d’investissement local. « Souverain » est en l’occurrence un mot chantant, qui épate et détourne l’attention des solutions simples : reconnaître aux régions une vraie autonomie financière, le pouvoir de lever des impôts spéciaux en fonction de besoins spécifiques.

Tous les présidents de région veulent (désirent) naturellement conserver leur territoire et plus de pouvoirs. Ils comparent leurs moyens avec ceux de leurs homologues dans les pays voisins et évoquent les « régions à l’Allemande » (L’Alsace, 9 juillet), sachant qu’en France, bien sûr, c’est impossible.

Pas d’impatience surtout, pas de passion : « Il faut laisser la CEA s’installer et mûrir ». Qu’elle commence par fonctionner et faire ses preuves. Ensuite ? Ses compétences resteront soigneusement encadrées et limitées. Pas plus que d’autres collectivités elle ne pourra transférer, « se voir transférer » (forme passive), de compétences législatives, ni régaliennes évidemment ni même régionales. La ministre de la cohésion a mis les points sur les i et enfoncé le clou. « Les élus locaux ne l’ont d’ailleurs pas demandé. » C’est vrai, ça. Ils sont si timides, ils ont si bien intériorisé les interdits qu’ils n’ont même pas osé y penser. Leur renoncement anticipé paraît définitif, leur absence d’imagination créatrice entière et entérinée.

L’installation des quinze vice-présidents par la première nouvelle assemblée le 1er juillet en a donné une illustration désespérante. La CEA, c’est en principe une Alsace une, et sinon indivisible, du moins plus divisée en deux départements concurrents. Et qu’est-ce qu’on établit ? Sept territoires. Des territoires aussi flous que Nord- Sud- Ouest- Centre-Alsace, plus les territoires des trois villes, l’Euro-métropole de Strasbourg, l’Agglo de Mulhouse et Colmar. Ces trois territoires urbains et suburbains n’ont-ils pas déjà, chacun, leur maire et x vice-présidents ? Hop, on en remet une feuille (avec portefeuille). Non seulement la politique nationale dite de différenciation multiplie à l’envi les territoires factices, sans respecter les anciennes régions historiques, mais ces régions et même les départements sont poussés en interne à procéder de la même façon.

Le 1er vice-président du conseil de la CEA est chargé du territoire Centre et de « l’Equité territoriale ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? C’est calqué, on dirait, sur « Cohésion du territoire ». Et tous ces vice-président(e)s ! Une dénomination tout à fait artificielle. Parce que la loi ne tolère pas de « ministres » à ce niveau des « Conseils », qui en aucun cas ne sont des « Assemblées ». Alors, cela ressemble fort à rien d’autre qu’à une distribution politiquement (partisanement) dosée de postes, donc de prébendes (au sens strict), comme dans un système féodal.

Certains citoyens idéalistes, ayant l’Alsace – et l’alsacien – à cœur, attendaient que le premier ou le second vice-président soit en charge de l’enseignement bilingue et de la culture régionale, qu’il ait des pouvoirs affirmés pour organiser et garantir la formation des enseignants dont la Collectivité a besoin, pour concevoir, construire et ouvrir quelque chose comme une indispensable Ecole Normale Régionale, à dimension rhénane, car il faudra bien faire appel aux ressources linguistiques de nos voisins – et ne cultivons-nous pas en discours la coopération transfrontalière ?

Mais où se trouve donc, dans l’organigramme, le poste Bilinguisme ? C’est la 13e vice-présidence, la 13e roue du bringuebalant carrosse, et encore pas la roue entière, un quart de roue. Car elle est composée de quatre pièces : Jeunesse, Sport, Réussite éducative et, la dernière, Bilinguisme. Quelle politique linguistique peut-on attendre de là ? Remarquez « Réussite éducative » qui précède, qui doit être une cause indiscutable et ne veut rien dire ici de concret. Encore un de ces mots de réclame, de pure comm. On nous rappellera sèchement que rien de l’enseignement, de son contenu, de ses programmes, ne saurait relever d’autre chose que de l’Education nationale.

La ligne de mire autonomiste

Qu’est-ce qui, de la CEA telle qu’elle est partie et telle qu’elle s’exprime, peut répondre maintenant au « désir d’Alsace » et le calmer ? Que lui sera-t-il permis ? Par exemple de gérer 6 400 km de routes et leurs infrastructures. La belle affaire ! Les routes nationales ont toujours été bien entretenues en Alsace. Que ce soit un service assuré directement par des organismes de l’Etat central ou par le département, la différence n’est pas capitale ! La CEA jouira de quelques compétences dans le domaine social : de la petite enfance au grand âge. Rien de plus qu’une déconcentration managériale de services qu’une société civilisée a de toutes les façons possibles le devoir d’assurer.

Qu’est-ce que les Alsaciens consultés désirent vraiment ? « Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir » (disait Platon) ! On désire être libre de devenir ce qu’on est – et plus, de devenir ce qu’on estime avoir le droit d’être, de par le passé, de par son identité. Cela suppose la jouissance de libertés précises que l’on définira et construira soi-même avec autrui, selon des accords négociés dans un cadre commun. Le président-roi Jean a beau tonner : « On ne refera pas le match, on ne reviendra pas en arrière, aux anciennes petites régions… » Non, mais on n’aura de cesse de rebondir et de continuer à lutter pour arriver à des formes d’autonomie. Car la finalité d’une autonomie dans le cadre de la nation française, certes, et celle-ci dans le cadre de l’union européenne, certes, est programmée par l’histoire, programmée par le progrès démocratique.

Le combat moderne pour l’autonomie donc, qui n’implique nullement une séparation et l’indépendance, ça va de soi, a commencé en Alsace sous le second Empire allemand, dès 1874, en protestation contre « l’Annexion ». L’aboutissement de la fronde autonomiste continue, obstinée, sera la Constitution de 1911, avec un gouvernement régional et un parlement (le Landtag). Trois ans après, la guerre entraîne une dictature militaire. En vain, des Alsaciens et Mosellans chercheront-ils ensuite à conserver et à adapter, dans le cadre de la république française, les droits et les libertés politiques chèrement acquis sous la domination allemande. « L’Alsace n’existe plus. » La République ne connaît que des départements. Le besoin d’une organisation régionale ne cesse pourtant de travailler le corps politique et social de la nation. Il faudra attendre longtemps. Ce n’est qu’en 1982, sous le premier gouvernement socialiste de la Ve République, que les lois Defferre feront émerger l’Alsace comme une région historique avec un Conseil élu au suffrage universel. Ses pouvoirs étaient bien limités, mais ce ne devait être qu’une première étape sur le chemin d’une régionalisation tendant progressivement vers des formes contrôlées d’autonomie (quelque peu à l’allemande).

La loi du 25 novembre 2014, qui absorbe l’Alsace dans une méga-région, qui sera appelée Grand-Est, n’est pas sous couvert de modernisation une avancée ; elle va contre le sens de l’histoire ; c’est une régression démocratique, une forfaiture politique qui ne s’oublie pas. Elle a éveillé un « désir d’Alsace » qui, bien compris, ne peut viser maintenant qu’une autonomie positive. Le désir d’Alsace épouse le sens de l’histoire. C’est dans ce sens qu’il nous faut continuer à… ramer, à diriger notre… nef.

Jean-Paul Sorg

Henri Goetschy : l’Alsace est en deuil !

Avec le décès d’Henri GOETSCHY, une haute figure de la politique régionale disparait, laissant un immense héritage d’engagement et d’action politique.

L’ancien sénateur et président du Conseil Général du Haut-Rhin avait toujours défendu, avec Adrien Zeller, l’idée d’une Alsace unie ancrée dans l’espace rhénan et fière de son identité.
Visionnaire, Henri GOETSCHY, avait toujours milité pour une vraie décentralisation, pour un pouvoir au service des citoyens et pour les valeurs démocratiques et humanistes qui se sont développées dans notre région depuis la Renaissance.

Il n’avait de cesse de dénoncer les lâchetés et les compromissions successives qui ont abouti à l’impasse actuelle, et dont la population paye aujourd’hui le prix.
La fidélité et le courage dont cet Alsacien « aus dem Bilderbuch », avec son franc-parler , avait fait preuve, doivent inspirer ceux qui prétendent bâtir une Alsace Nouvelle, et encore plus les jeunes générations.

Merci Henri !

Le Club Perspectives Alsaciennes

Discours de Jean Castex : le combat des Alsaciens est légitime

Passéistes, égoïstes, repliés sur eux-mêmes. Ces dernières années, les qualificatifs infamants envers les Alsaciens se sont succédés de la part des thuriféraires de la fusion des régions. Certes, nous comprenons bien que ceux qui ont retourné leur veste, à défaut d’avoir des arguments pour justifier une réforme injustifiable, en soient réduits à user d’accusations diffamatoires. Elles n’en sont pas moins iniques, étant donné que les Alsaciens portent au quotidien de nombreux projets de coopération dans l’espace rhénan et revendiquent le développement du bilinguisme au travers de diverses associations.

Depuis cinq ans, le Club Perspectives Alsaciennes propose un nouveau projet pour l’Alsace, et dénonce les tentatives d’intimidation malsaine visant à culpabiliser les Alsaciens. Fort heureusement, elles ne fonctionnent plus. La ministre Brigitte Klinkert le 2 janvier 2021 lors de l’installation de la Collectivité européenne d’Alsace, a souligné la « résilience du peuple alsacien » qui a permis une première avancée. Au plus haut niveau du gouvernement, le premier ministre a insisté dans son discours de Colmar du 23 janvier 2021 sur la légitimité de la contestation alsacienne.

Non seulement le gouvernement reconnait que la réforme de 2015 fusionnant les régions est un ratage, mais il reconnait aussi que la démarche alsacienne visant à s’en émanciper est légitime. Il a fustigé les « immenses régions, dont certaines ne répondent à aucune légitimité historique et surtout ne me paraissent pas répondre aux besoins grandissants de nos concitoyens pour une action publique de proximité ». Bien évidemment, tout le monde aura compris qu’il visait en particulier la région Grand Est.

Toutefois, au-delà des discours et du constat sur l’inanité des nouveaux mastodontes régionaux, l’important est de concrétiser cela par une réforme mettant fin à ces aberrations territoriales, pour remettre de l’efficacité et de la proximité dans l’action publique en France. En ce sens, non seulement la démarche alsacienne est légitime, mais elle est même salutaire !

Résolution relative à la sortie de la Collectivité européenne d’Alsace du Grand Est

Le Club Perspectives Alsaciennes a présenté à la presse un projet de résolution pour que la CEA redevienne une Région à part entière, hors du Grand Est. Les Dernières Nouvelles d’Alsace ont relayé cette proposition, qui sera également adressée aux élus départementaux.

Notre objectif est que, dès le mois de janvier 2021, la CEA adopte une résolution visant à réaffirmer l’engagement initial du projet des élus qui ont porté le regroupement des Départements, à savoir la constitution collectivité disposant de l’ensemble des compétences régionales, c’est-à-dire hors du Grand Est.

Ci-dessous le texte de la résolution proposée par le CPA, qui peut servir de base à celle que pourrait adopter le Conseil d’Alsace en janvier prochain. Nous invitons les élus départementaux à se saisir de l’opportunité que représente la création de la CEA pour réaffirmer l’ambition qu’ils portent pour l’Alsace.


Résolution relative à la sortie de la Collectivité européenne d’Alsace du Grand Est et à son évolution institutionnelle

Le Conseil de la Collectivité européenne d’Alsace, réuni en séance plénière à Colmar le 15 janvier 2021 (ou première réunion plénière suivant la séance d’installation du 2 janvier 2021)

Vu la Charte européenne de l’autonomie locale, ratifiée par la France le 17 janvier 2007 ; Vu l’article 72 de la Constitution ; Vu la loi°2019-816 du 2 août 2019 relative aux compétences de la Collectivité européenne d’Alsace,

Vu l’ordonnance n° 2020-1304 du 28 octobre 2020 portant diverses mesures institutionnelles relatives à la création de la Collectivité européenne d’Alsace,

Rappelant que la suppression de la Région Alsace a été décidée en violation de la Charte européenne précitée ;

Soulignant les nombreuses critiques formulées contre la réforme territoriale de 2014, notamment le rapport de la Cour des Comptes du  2/9/2019 ;

Considérant qu’une grande majorité de citoyens d’Alsace souhaite sa sortie du Grand Est ;

adopte la résolution suivante :

  1. Le Conseil demande solennellement la sortie de la CeA de la région Grand Est, par la révision de la réforme territoriale de 2014 qui a intégré les deux anciens départements du Rhin dans la nouvelle entité, sans consultation des collectivités concernées ni de la population alsacienne. Cette sortie devrait être organisée dans les meilleurs délais, l’objectif politique étant fixé au 1er janvier 2025.
  2. Le Président de la Collectivité européenne d’Alsace est chargé d’adresser la présente résolution à : Madame la préfète du Bas-Rhin, préfète de la région Grand Est, Messieurs les députés et sénateurs élus dans les départements du Haut- et du Bas-Rhin, Monsieur le Président du Conseil régional du Grand Est et Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux du Grand Est, Messieurs les Consulats généraux de Suisse, du Luxembourg et d’Allemagne à Strasbourg.
  3. Un débat sur les réponses obtenues des destinataires de cette résolution sera organisé dans un délai de 60  jours après ces transmissions, sur la base d’un rapport du président de la CEA.

Un été politique animé, qui annonce une rentrée agitée

Le CPA a suivi avec intérêt et vigilance les développements de la vie politique en Alsace au cours des derniers mois :

  • Il constate que le fort taux d’abstention lors des scrutins municipaux n’est pas imputable seulement à la crise sanitaire de la Covid-19, mais surtout à la défiance envers le système institutionnel territorial et la classe politique locale.
  • il  relève le fort renouvellement, tant en zone rurale que dans les grands centres urbains, des élus communaux et intercommunaux, notamment avec la progression  des élus écologistes alors que le parti présidentiel, peu enclin à réformer la loi NOTRe,  a probablement été sanctionné en Alsace pour cette raison.
  • il se réjouit de compter de nouveaux élus communaux à la sensibilité alsacienne prononcée (Colmar, Eurométropole de Strasbourg, Gundershoffen, Weiterswiller etc.), et les encourage à mettre en œuvre des mesures volontaristes en faveur du bilinguisme français/allemand et du patrimoine linguistique dialectal (activités périscolaires, soutien aux initiatives culturelles, etc.), qui constituent des atouts économiques et des enjeux sociaux déterminants.

Le CPA est  pleinement mobilisé pour contribuer au débat sur l’avenir de l’Alsace, dans la perspective de la mise en place de la CeA au 1er janvier prochain :

  • Il déplore que de nombreux candidats aux sénatoriales, adhérents de partis nationaux, voire conseillers régionaux, se découvrent subitement une ambition régionaliste peu crédible au vu de leur comportement récent ;
  • Il souligne que tout membre  du CPA, éventuellement candidat  devra se mettre en congé de l’association et ne pourra se prévaloir  des activités menées dans ce cadre ; il souhaite que cette règle soit suivie par les autres mouvements de la société civile ;
  • il souhaite davantage de transparence dans l’engagement des Conseils départementaux dans la préparation de la fusion du Haut- et du Bas-Rhin, notamment dans la volonté et la capacité de la CeA à quitter le Grand Est à l’horizon 2022/25, afin de permettre une gouvernance plus moderne et plus adaptée au territoire alsacien.
  • il se réjouit de la nomination de Brigitte Klinkert comme ministre déléguée à l’Insertion, en attendant d’elle une action déterminée pour faire entendre la voix de l’Alsace auprès du Président et du Gouvernement, suite aux  projets de décentralisation différenciée annoncés par le Premier ministre Jean Castex.

Avec les autres associations engagées pour la construction d’une Alsace nouvelle, assumant pleinement son identité historique et culturelle et intégrée dans l’espace euro-rhénan, le Club Perspectives Alsaciennes appelle les Alsacien.nes à faire confiance aux femmes et aux hommes qui  réagissent avec détermination et courage pour imaginer  un avenir plus serein pour  notre Heimet.

Non, il n’y a pas d’antisémitisme politique en Alsace !

Face aux insinuations concernant un soi-disant « antisémitisme alsacien » et aux tentatives récurrentes d’instrumentaliser des délits antisémites contre les revendications régionalistes, les messages suivants ont été présentés à la presse le 10 décembre dernier. Les DNA en ont d’ailleurs fait un excellent compte-rendu.

  • les profanations de cimetière sont des délits odieux qui doivent être sanctionnés sévèrement par la justice dès que les coupables seront arrêtés (sans mansuétude ni laxisme)
  • les commentaires associant l’Alsace ou les Alsaciens à ces faits commis par des individus sont inacceptables (culpabilité collective, ‘haine de soi’ anti-alsacienne, amalgame entre dialecte et nazisme, etc.)
  • le judaïsme fait partie intégrante du patrimoine culturel alsacien, et son statut juridique doit être respecté (comme celui des autres religions « reconnues »)
  • une politique d’enseignement de l’histoire et des langues régionales (y compris le yiddisch/judéo-alsacien) est la mieux à même de lutter contre la xénophobie, l’intolérance et l’antisémitisme
  • l’antisémitisme n’est pas « national » ou « régional », comme le prouve l’affaire Dreyfus (Juif alsacien…à la fois Allemand et Juif pour ses accusateurs), mais un phénomène qui ne connaît pas de frontières de pays ni de classe
  • il appartient à l’Etat, qui refuse tout transfert de compétence aux collectivités territoriales en matière pédagogique, d’inscrire dans les programmes scolaires l’héritage juif de l’Alsace (en partenariat avec la future CeA)
  • en cette période de Noël, les chrétiens savent les liens qui les unissent à la religion ‘aînée » et condamnent avec force les sentiments de haine contre ceux qui partagent la foi « originelle » de Jésus.       

Non, l’antisémitisme ne fait pas partie de l’identité politique et culturelle de l’Alsace. Notre projet pour l’Alsace vise à valoriser notre patrimoine sous toutes ses formes, y compris celui apporté par les religions qui coexistent pacifiquement sur nos terres. Et les élus du Grand Est qui instrumentalisent ces actes afin d’éteindre toute revendication alsacienne devraient avoir honte d’utiliser de telles méthodes.

Torture des chiffres par le Grand Est : toujours et encore !

Selon les DNA du lundi 4 novembre 2019, la majorité régionale du Grand Est tiendrait sa revanche sur le rapport accablant de la Cour des Comptes qui pointait les surcouts liés à la fusion des régions. Dans quel sens ? « Car les « dépenses réelles de fonctionnement du Grand Est hors transport auraient baissé de 0,3% entre 2015 et 2018 ». C’est à partir de cette unique donnée tirée de l’IFRAP que Valérie Debord et Jean Rottner ont voulu  pour balayer les critiques.

 Voilà « la réalité des chiffres », s’est esclaffée la vice-présidente du Grand Est sur Twitter.

Par souci de précision, notons qu’il s’agit de la dépense réelle de fonctionnement par habitant, qui est passée de 293 euros en 2015 (avant fusion) à 292 euros en 2018, soit une baisse de 1 euro. On la trouve le tableau publié par l’IFRAP le 31 octobre 2019.

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A partir de ce seul chiffre, peut-on nier les surcouts de la fusion ?  Nous affirmons que non, pour les raisons suivantes :

  • La base de comparaison, entre l’année 2015 et l’année 2018, est fortement biaisée en ce qui concerne le Grand Est. En effet, la région Lorraine a été épinglée sévèrement pour de graves dérives des dépenses les années avant la fusion. Si elle avait été gérée correctement, la dépense aurait été plus faible en 2015 que les 293 euros qui servent de comparaison. La correction de ces dérives aurait dû amener à une baisse des dépenses. Le seul fait qu’elles stagnent est donc un mauvais résultat en soi.
  • Plutôt que de faire une comparaison sur une base biaisée, il vaut mieux comparer les dépenses entre les régions. Or, si on reprend le tableau de l’IFRAP, on constate que les dépenses de fonctionnement hors transport sont 263 euros en moyenne dans toutes les régions. Le Grand Est affiche, avec 292 euros, une dépense supérieure de 11% à la moyenne.
  • Pour évaluer la situation financière d’une collectivité, il ne faut pas se contenter d’un seul chiffre, mais d’un ensemble de données complémentaires pour avoir une vision claire. Si on prend les dépenses totales (incluant le transport), on constate une forte hausse des dépenses de fonctionnement. On voit bien qu’on ne peut pas se baser uniquement sur la dépense de fonctionnement pour juger de la situation, d’autant plus que cela ne dit rien sur l’utilité de la dépense.
  • Dans les dépenses de fonctionnement, il faut distinguer les dépenses d’intervention (services rendus à la population) et les charges à caractère général (couts de gestion de la collectivité). C’est au niveau des charges générales, qui constituent les « mauvaises dépenses », qu’on nous promettait des économies. Donc ce sont ces charges qu’il faut regarder en priorité. Le verdict est sans appel : ces charges sont en très forte hausse, comme le montre le graphique du rapport financier officiel de la région. On peut ajouter à cela les charges de personnel qui sont également en forte augmentation.

En conclusion, nous voyons que les élus de la majorité régionale persistent à nier l’évidence des surcouts causés par la fusion des régions guidés par leur seul souci de justifier leur politique néfaste pour les citoyens, qu’ils soient Alsaciens, Champardennais ou Lorrains. Utiliser un unique chiffre pour invalider les études indépendantes autrement plus sérieuses et rigoureuses est assez risible, surtout lorsque ce chiffre est construit sur une base biaisée. Nous comprenons bien que ces élus puissent avoir des intérêts particuliers à défendre difficilement compatibles avec la réalité des faits, et tentent de  les manipuler. Mais cette tentative de tromperie dépasse une nouvelle fois l’entendement.