Collectivité européenne d’Alsace

Alsaciens, saisissons l’occasion de reprendre notre destin en main !

Tribune d’Alain Ronc. Aujourd’hui conseiller en stratégie commerciale, Alain Ronc a consacré sa vie professionnelle au développement international de grandes marques dans le domaine du sport, de la chaussure, de l’habillement. Ces marques, avec des noms comme Adidas, Arena, Le Coq Sportif, Hom, Mephisto, Patagonia, l’envoyèrent aux quatre coins du monde, notamment aux USA et en Afrique où il vécu de nombreuses années. Ayant grandi dans un village du Kochersberg, cette vie internationale ne lui fit jamais oublier son Alsace à laquelle il est resté tant attaché.

Que vous soyez des Alsaciens de souche ou de cœur, que vous habitiez en Alsace ou ailleurs, mais toujours avec une attache forte avec votre région, cette consultation 2022 vous concerne tous !

Des sondages successifs depuis la création du Grand Est démontrent que vous êtes en moyenne à 65% hostiles à la fusion de votre Alsace dans ce grand territoire sans âme, et que vous vous êtes systématiquement prononcés pour la sortie de ce Grand Est qui nous détourne inévitablement de l’espace rhénan qui a fait ce que nous sommes…

De nombreuses voix alsaciennes se sont élevées en effet contre cette réforme territoriale, avec interpellation du gouvernement sur cette injustice historique. A l’époque, en 2014, Philippe Richert et Jean Rottner étaient ‘vent debout’ contre cette réforme, obtenant la signature de 53 007 d’entre nous pour aller plaider notre cause auprès du gouvernement, lui demandant de modifier la nouvelle carte des régions, en gardant l’Alsace intacte. Mais le gouvernement Hollande est resté insensible aux souhaits des Alsaciens, et la réforme est passée, éliminant l’Alsace de la carte politique du pays.

Depuis 2016, sans tenir compte de votre avis, l’Etat a donc supprimé la Région Alsace et a donné à une grande région qui va des portes de Paris jusqu’aux rives du Rhin la charge de veiller sur notre avenir. Ce projet est une aberration, un non-sens, et comme toujours dans pareil cas, les politiques préfèrent laisser faire plutôt que de faire marche arrière, même quand en aparté ils reconnaissent que c’est une erreur.

Cette ‘erreur’ a déjà détruit bon nombre d’institutions alsaciennes pour en éloigner les centres décisionnels vers la Lorraine ou la Champagne, et de plus, alors que tout ce projet de ‘grandes régions’ devait faire réaliser des économies d’échelle, les budgets de fonctionnement ont littéralement explosé…

Résultat : c’est plus cher, moins efficace, et surtout, tout s’est éloigné du terrain !

Selon le législateur la réforme territoriale devait permettre une rationalisation des décisions, une réduction des effectifs et une meilleure gestion des budgets de fonctionnement. Il est aujourd’hui démontré, après 6 années, que ces objectifs ne sont pas atteints, et ne le seront sans doute pas…

Mais, reconnaissant le « désir d’Alsace » des Alsaciens, l’Etat a fait une première concession avec la création en janvier 2021 de la Collectivité européenne d’Alsace, fruit de la fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, qui est un ‘super-département’ très loin des compétences d’une « région ».

Aujourd’hui une étape nouvelle vous est proposée par la Collectivité Européenne d’Alsace, vous êtes donc consultés avec cette question très simple : 

« L’Alsace doit-elle sortir du Grand Est pour redevenir une Région à part entière ? »

C’est une occasion historique que vous avez de dire haut et fort si vous voulez sortir du Grand Est ou y rester…. C’est l’heure du choix.

Avec les associations alsaciennes telles le CPA (Club Perspectives Alsaciennes), l’ICA (Initiative Citoyenne Alsacienne), le MPA (Mouvement pour l’Alsace), avec de nombreux élus, avec des milliers d’Alsaciens qui durant toutes ces dernières années ont milité pour cette sortie du Grand Est, nous vous invitons à prendre position en âme et conscience, et nous espérons que vous serez nombreux à prendre part à cette consultation afin qu’elle soit la plus représentative possible.

Vous avez jusqu’au 15 février 2022 pour y participer.

Si vous répondez par OUI, votre vote ne sera pas un simple ressenti sans réelle argumentation, votre OUI à cette sortie du Grand Est puisera toute sa légitimité dans une argumentation ancrée en vous, des arguments forts et convaincants que cette consultation vous aura permis d’exprimer.

Pour ma part, les arguments majeurs qui prêchent en faveur de ce retour à notre Région Alsace se situent dans les affirmations suivantes…

  • L‘Alsace c’est une culture qui puise ses sources dans une histoire vieille de 1500 an. Cette culture, ce mode de vie, ces traditions sont autant de besoins culturels et émotionnels qui doivent être au cœur des préoccupations de notre Conseil Régional, qui doit donc être ancré en Alsace, être composé d’élus alsaciens, et qui doit siéger en Alsace.
  • L’Alsace c’est une région bilingue depuis presque 400 ans. Depuis son rattachement à la France du temps de Louis XIV, ce bilinguisme est une richesse à perpétuer. C’est une chance pour l’Alsace, et seul un Conseil Général issu des urnes alsaciennes peut en être le garant.
  • L’Alsace c’est un ancrage rhénan, combiné à une ouverture à 360° qui a fait son dynamisme économique. C’est un territoire français où le transfrontalier avec la Suisse et l’Allemagne est une réalité de longue date et qui doit être davantage encouragé.
  • L‘Alsace c’est une région de traditions qui tient à un droit local et au concordat religieux que nos aïeux ont su maintenir il y a cent ans lorsque l’Alsace fut réunifiée à la France à la sortie de la Grande Guerre. Les Alsaciens tiennent à ces droits, et seule une Région Alsace sera à même de non seulement d’en garantir la pérennité, mais aussi de le faire évoluer.
  • L‘Alsace c’est un mélange de traditions et de modernité ouverte sur le monde, notamment sur le monde rhénan qui nous entoure, avec des secteurs à la pointe de la connaissance, notamment dans la recherche scientifique
  • L’Alsace est une région parfaite par sa taille, sa géographie, et son histoire, source de proximité territoriale. Les Alsaciens ont de tout temps su gérer leurs institutions locales qui touchent à l’éducation, au sport, à la santé, au tourisme, à l’économie, à l’aménagement du territoire, et font confiance à leurs élus de proximité pour gérer leur région.
  • L’Alsace c’est la beauté si caractéristique de ses paysages et de ses villages, une beauté qu’il faut préserver. Cette beauté est née de la tradition et de l’histoire ancestrale, mais de nos jours la tradition ne suffit plus, et une assemblée d’élus d’Alsace sera mieux à même de la protéger.
  • L’Alsace est une terre où la bonne gouvernance est une tradition, et à ce titre s’évertue de bien gérer le bien public, sans gâchis. Les Alsaciens ont conscience que le Grand Est n’a fait qu’ajouter une couche au millefeuille administratif, tout en s’éloignant du quotidien des citoyens. La sortie du Grand Est fera faire à la nouvelle région des économies substantielles tout en améliorant l’efficacité de l’action publique. Ce sera du « gagnant-gagnant ».
  • L’Alsace a toujours été une terre d’ouverture et de passage, loin de tout repli sur elle-même, et maître de son destin, elle continuera à créer des liens étroits, des collaborations, avec toutes les régions limitrophes, tant à l’ouest des Vosges qu’au-delà du Rhin.
  • Enfin, les Alsaciens ont fait savoir clairement qu’ils veulent se retrouver dans une région de la République, une région à part entière, leur région.  A plusieurs reprises ces dernières années, des cabinets parisiens réputés (IFOP et CSA) ont sondé le cœur des Alsaciens. Quatre fois de suite entre 2017 et 2021, les Alsaciens ont fait savoir dans une très large majorité qu’ils veulent qu’on leur rende l’Alsace et qu’ils veulent sortir du Grand Est.

Pour toutes ces raisons qui ne sont qu’un échantillonnage d’un argumentaire trop vaste pour être résumé sur deux pages, l’Alsace a un droit légitime de choisir son avenir, d’autant plus que les Alsaciens n’ont jamais demandé à perdre leur région. 

Tout ceci relève non seulement de l’intérêt de l’Alsace, mais aussi de l’intérêt de la France qui peut s’enorgueillir d’avoir un territoire si beau, si européen, si riche de culture et d’histoire, et si prometteur économiquement.

Jusqu’au 15 février 2022 la CeA vous invite à vous exprimer sur cette question de la sortie de l’Alsace du Grand Est. Nous espérons que vous serez nombreux à répondre à la question, afin que son Président Frédéric Bierry obtienne de vous un message clair qui l’autorisera à porter votre parole auprès du gouvernement, avec les conséquences que nous sommes nombreux à espérer.

L’Alsace, notre Région.

Nous le voulons !   Nous le ferons !

S’Elsass, unseri Region.

Mer well’es !  Mer schàff’es !

Lien pour voter

Alain Ronc, Janvier 2022

Démocratie et légitimité : votons Elsass !

C’est parti ! Le président de la Collectivité européenne d’Alsace, Frédéric Bierry vient de lancer une grande consultation afin d’interroger les citoyens sur l’avenir institutionnel de l’Alsace. Après une campagne atone et un fort abstentionnisme lors des élections territoriales du printemps dernier, c’est l’occasion de dire avec force que seule la sortie de la Région Grand Est répondra aux revendications d’une très forte majorité de la population.

La procédure retenue est inédite. Même si la consultation n’a pas la valeur juridique d’un référendum, il s’agit d’un acte politique important qui ne pourra être ignoré  si les Alsaciennes et les Alsaciens se mobilisent en nombre. La participation sera ainsi déterminante pour la crédibilité  politique de cette initiative.

Fini de tergiverser ! Entre le statuquo et la liberté, l’alternative est claire, même si les conséquences sont encore floues. Si F. Bierry obtient le soutien espéré, il faudra définir rapidement un calendrier et une méthode pour imposer au président de la République et au gouvernement issus des urnes dans quelques mois de respecter la volonté des Alsaciens. Le CPA appelle avec force  toutes celles et ceux qui aiment l’Alsace à exprimer un « oui » franc et massif à la question posée, à savoir la sortie du Grand Est  pour refaire  de l’Alsace une région à part entière.

Votons et partageons : https://entre-vos-mains.alsace.eu

Pour un président élu pour la Collectivité européenne d’Alsace

Frédéric Bierry souhaite placer l’avenir de l’Alsace sur le « radar » des candidats à l’élection présidentielle du printemps prochain. En relançant le débat sur la sortie de la Collectivité européenne d’Alsace du Grand Est, il espère que l’un – au moins – des candidats à l’Elysée inscrira cette ambition à son programme, ainsi que sur le calendrier politique du gouvernement. Pour les régionalistes, il est hors de question d’attendre six ans (le mandat des conseillers régionaux et départementaux élus en juin dernier est de sept ans !) pour abroger la réforme territoriale de François Hollande…

L’indispensable résolution en faveur d’une collectivité à statut particulier

Pour avoir une chance de succès, la Collectivité européenne d’Alsace doit se doter d’une stratégie cohérente et crédible, avec le vote solennel dans les premières semaines de 2022 d’une résolution exigeant sa transformation en collectivité à statut particulier (CSP) hors du carcan « grandestien ». Lors du Tour d’Alsace annoncé par Frédéric Bierry, les Alsaciens doivent exprimer avec force leur volonté d’émancipation par rapport à la Région. Une enquête d’opinion pourrait valider selon une méthode scientifique les conclusions du dialogue que le Président de la Collectivité européenne d’Alsace veut nouer avec les citoyens. Toutefois, il faut aller plus loin qu’une simple offensive de communication vers les « prétendants au trône » républicains. En effet, il est illusoire de penser que le sort de l’Alsace sera au cœur de la campagne nationale. Par contre, la rénovation institutionnelle du pays, notamment la décentralisation, pourrait devenir un thème majeur pour répondre à la crise de représentativité démocratique dont l’abstentionnisme est le (pire) symptôme.

Un besoin d’alliés

Pour gagner sa liberté, l’Alsace a besoin d’alliés, et le large mécontentement des habitants de nombreuses anciennes régions rayées de la carte peut être un atout essentiel pour influencer le vote. Parce que tout changement relève de la compétence du Parlement, les députés devront aussi être sollicités à la faveur du scrutin législatif qui suivra la présidentielle.

Elire le Président de la Collectivité européenne d’Alsace au suffrage universel direct

Enfin, une idée nouvelle pourrait être lancée : pourquoi ne pas élire le Président de la Collectivité européenne d’Alsace au suffrage universel direct ? Un horizon s’impose pour doter l’Alsace de sa « Constitution » : 2025, 500ème anniversaire de la Guerre des Paysans (Bürekrieg), serait une belle date de rendez-vous avec l’Histoire pour l’Alsace que nous voulons. Il faut oser jeter la boule dans le jeu de quilles parisien…

Jacques Schleef, 10/10/2021
Après un DEA de sciences humaines, Jacques Schleef a été officier de police. Il a notamment servi près d’une dizaine d’années en Allemagne (comme officier de liaison du ministère de l’intérieur français), au Conseil de l’Europe (au sein de la direction des Affaires Juridiques) et en République de Macédoine (au profit de l’Union Européenne). Il est aussi le fondateur (et directeur de 1996 à 2015) du festival de musique et de chansons Summerlied, ainsi que le secrétaire général du Club Perspectives Alsaciennes.

Un Conseil de développement, pour quoi faire ?

Le président Frédéric Bierry a annoncé, ou plutôt promis, la création d’un « Conseil de développement » de l’Alsace cet automne, une fois les élections départementales passées, après une consultation des citoyens prévue au cours de l’été. En matière de participation  de la population à la décision, l’exemple de la plaque minéralogique incite à la prudence !

Sans préjudice de cette procédure, l’intention est louable, et tente d’anticiper les critiques:

– la parité des genres sera respectée, et tous les « territoires »  seront représentés ;

– avec trois collèges  le Conseil sera ouvert à la fois aux milieux d’affaires et aux organisations professionnelles, au monde associatif (sports et culture notamment) et aux pays voisins (Suisse et Allemagne) ;

– la coopération transfrontalière, dont la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) est le « chef de file », sera une compétence obligatoire de la nouvelle instance, ce qui illustre la volonté d’intégration européenne de Frédéric Bierry.

Face au Grand Est, c’est donc autant un vecteur de communication qu’un outil de réflexion dont veut se doter la CeA, jusqu’ici peu « armée » en termes de prospective stratégique. Destiné à montrer la créativité de la CeA dans son cadre institutionnel (actuel), ce projet – s’il est validé – est néanmoins parsemé d’embûches:

– comme le CESER, le Conseil de développement risque de se heurter à l’indifférence des médias et de l’opinion (même si les fonctions seront gratuites, ses travaux généreront des coûts) ;

– au-delà des relations transrhénanes, ses compétences sont encore très floues et ne dépasseront pas le stade consultatif  (faute de légitimité démocratique); le risque étant qu’il ne soit écoutée que s’il est d’accord !

– le choix de ses membres pourrait donner lieu à des polémiques, selon les critères retenus et le rôle du Conseil d’Alsace ou de son président (approbation du règlement intérieur par le Conseil et modalités de sélection).

 Avec la création du Conseil de Développement, Frédéric Bierry souhaite élargir son assise populaire. Il peut aussi espérer que celles et ceux qui voudront siéger dans la future instance lui apporteront leur soutien.

S’il n’est pas question d’un « Sénat » ou d’une « Chambre civique », le Conseil de développement pourrait néanmoins s’imposer dans le paysage politique (en fonction notamment de la notoriété et de l’indépendance de son président/sa présidente) et de ses relations avec la presse. Pour cela :

– son fonctionnement devrait être transparent, et prévoir des auditions publiques délocalisées, au plus près des habitants (pour éviter toute « fracture numérique ») ;

– les questions d’identité et d’enseignement de la langue et de la culture régionales pourraient être un axe important de ses réflexions ;

– en tant que « laboratoire d’idées », le Conseil devrait également s’exprimer sur le fonctionnement de la CeA, ses missions et ses ressources, et sur les priorités de l’action publique.

Nul doute qu’il sera interrogé sur l’avenir de la CeA dans le Grand Est, et que sa réponse reflétera la volonté des Alsaciens. Le premier défi du Conseil : intéresser les jeunes, car l’Alsace n’aura pas d’avenir sans les Alsacien.ne.s de demain !

Le Club Perspectives Alsaciennes, 4/03/2021.