Mois: novembre 2015

Jean-Daniel Zeter : « Ceux qui ont fait le choix de l’ACAL ont trahi à la fois l’Alsace et la démocratie »

zeter« Il fallait un cataclysme » pour que Jean-Daniel Zeter revienne, à 67 ans, sur sa décision de se retirer progressivement de la vie publique après quatre décennies d’engagement et l’exercice de nombreux mandats d’élus. Ce cataclysme – la disparition politique de l’Alsace finalement acceptée par l’ensemble de la classe politique régionale – a poussé l’ancien vice-président du conseil général du Bas-Rhin (1995-2011) à fonder, au printemps 2015, le Club Perspectives Alsaciennes (CPA). Très vite, de nombreux citoyens de toute l’Alsace, de tous âges et d’horizons très divers, de gauche, de droite ou du centre, ont rejoint ce groupe de réflexion et d’action. Les « inadmissibles comportements antidémocratiques » de nos élus, l’omniprésence du jacobinisme, les contours de ce que pourrait être demain une décentralisation forte et intelligente réellement arrimée au fait régional, le soutien à Unser Land sont les principaux thèmes abordés ici par le président du CPA qui répond aux questions que nous lui avons posées.

Pourquoi avoir créé le Club perspectives alsaciennes ?

Parce qu’il fallait une réaction intellectuelle au manque de réactivité  des milieux politiques traditionnels alsaciens, englués dans leur soutien inconditionnel à la majorité gouvernementale ou dans leurs calculs électoraux pour l’opposition, manifestant un désintérêt manifeste pour la cause régionale et heurtant beaucoup de sensibilités  dans les deux camps ; d’où ma surprise et ma satisfaction  de voir de nombreux anciens élus ou de personnes encartées  soutenir la création de notre club. Notre objectif est de faire un travail de veille et de soutenir par l’organisation de rencontres, de conférences, d’interventions publiques ou sur le net, toute entreprise de déstabilisation de la réforme, que ce soit par des mouvements citoyens ou des partis politiques responsables. Il nous reste à consolider notre structure par l’apport, dans tous les domaines de la vie publique liés à l’avenir de notre région Alsace, de personnes ressources spécialisées dans l’analyse politique, culturelle, environnementale ou économique.

En présidant le CPA, vous revenez sur votre décision de vous retirer de la vie politique après quatre décennies d’engagement public…

ll fallait un cataclysme pour me déjuger et revenir en politique alors qu’on me louait d’avoir su me retirer en douceur  en quittant mes mandats électifs l’un après l’autre; il a eu lieu. C’est l’indignation qui me motive aujourd’hui non pas pour viser une place éligible mais pour participer à ranimer  une prise de conscience chez nos compatriotes alsaciens. Nos hommes politiques sont incapables de se battre pour l’essentiel, mus par la trompeuse « solidarité » des partis qui bloque l’évolution institutionnelle de notre pays,  le dernier exemple étant l’échec de la ratification des langues minoritaires qui finalement satisfait aussi  bien la » jacopinerie » (pardonnez- moi le jeu de mots) de droite que de gauche. Cette réforme dilue la responsabilité des élus, renforce leur dépendance des partis nationaux et de l’intelligentsia parisienne, laisse la gouvernance aux services, essouffle en les niant quand elle ne les méprise pas les spécificités qui font la force  et la caractère de nos régions, condamne la fierté positive de ses habitants, ramollit les énergies locales et étouffe l’intérêt de la population  pour la chose publique.

Des cartons rouges qui s’imposent

Ne menez-vous pas un combat d’arrière garde ?

Aucun parti national ne reviendra sur cette loi s’il n’y est pas contraint par un soulèvement populaire. Il eût fallu  bloquer l’accès de nos autoroutes, refuser de voter les budgets des communes, voire que les élus d’Alsace démissionnent en bloc. Mais ceci est-il encore possible lorsque ceux qui auraient dû mener le combat entraînent  le peuple dans la léthargie et l’amnésie de son histoire ? Il ne s’agit pas d’un combat d’arrière-garde mais au contraire de rétablir la démocratie dans un pays où la tyrannie partisane et administrative étrangle les libertés et les énergies locales.

Qu’attendez-vous de la liste « Non à l’ACAL, ou à nos Régions » que le CPA appuie et sur laquelle vous figurerez ? 

ll est évident qu’il faille retourner à la situation antérieure  de régions plus petites où l’action politique est plus visible et plus transparente. Mais il faut surtout ranimer la réforme en étendant  les compétences des régions, en musclant leur fiscalité de façon pérenne et en les dotant de véritables pouvoirs comme les Länder allemands ou les cantons suisses. L’échec prévisible de l’ACAL – dans ce sens qu’elle n’apportera aucune amélioration au quotidien de nos concitoyens – doit nous inciter à réfléchir à une nouvelle forme plus audacieuse de décentralisation. Pour cela il convient dans un premier temps d’exprimer notre mécontentement en votant pour le ou les partis qui s’engagent à  revenir en arrière afin de  redessiner nos régions sur des bases nouvelles,  le CPA acceptant demain de soutenir tous  les partis démocrates  prêts à faire amende honorable. Mais force est de constater qu’UL est aujourd’hui le seul parti prônant une retour aux anciennes régions et exigeant une autonomie fiscale et décisionnelle nouvelle et moderne. Il est absolument nécessaire   de distribuer  à nos dirigeants  actuels, incapables d’indignation, de réactions appropriées face à ce déni de démocratie et  de vision  à long terme, dévorés par  leur ambition personnelle et complices du jacobinisme parisien,  les cartons rouges qu’ils méritent.

Le fait régional et le fameux « repli »

Vous avez été très longtemps un pilier du centrisme alsacien et vous fûtes aussi vice-président du conseil général du Bas-Rhin, notamment sous la présidence de Philippe Richert. Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de trahir votre camp ?

J’ai été et suis encore apparemment l’un des rares hommes politiques à avoir respecté son engagement et me démarque en ce sens d’une grande partie de mes anciens collègues. Je reste fidèle à mes engagements de jeunesse de fédéraliste européen avec Guy Héraud et de cofondateur d’Initiatives Alsaciennes avec Adrien Zeller – des engagements prônant une prise des décisions au plus près de nos concitoyens tout en s’appuyant sur le principe de subsidiarité, une politique publique tenant compte des aspirations et de la volonté de la population au premier niveau, le respect du fait régional, véritable moteur de l’économie, garant de la prise de conscience écologique, riche de ses ressources humaines et seul capable d’assurer la sauvegarde de nos cultures et de nos valeurs. Ce sont ceux qui, par poltronnerie, inintelligence ou intérêt personnel, ont fait le choix de l’ACAL, en tournant le dos à ces valeurs qui ont trahi à la fois l’Alsace et la démocratie.

A propos d’Unser Land et du régionalisme-autonomisme alsacien, certains parlent d’ « extrémisme », d’autres dénoncent le « repli sur soi » et sur un passé idéalisé de l’Alsace qui formerait l’identité de ce mouvement. Que vous inspirent ces accusations ?

En laissant croire aux alsaciens qu’ils sont  légitimistes, on les culpabilise au départ sur leurs éventuelles ou potentielles aspirations à réclamer une plus grande autonomie et l’on diabolise les mot autonomie et autonomisme. Accuser le mouvement régionaliste Unser Land d’extrémisme ou de passéisme  relève de la mauvaise foi. En effet, non seulement sa moyenne d’âge est bien inférieure à celle des caciques alsaciens qu’ils soient de gauche ou de droite, mais il est politiquement bigarré, composé pour partie des gens les plus progressistes des partis traditionnels qu’ils ont quittés. Par ailleurs je ne supporte plus d’entendre parler de repli sur soi. Même si c’était exact, ce serait une forme de protection contre un danger, à l’image du hérisson qui se replie quand il craint, et il n’y aurait là rien de honteux ou de répréhensible de la part des Alsaciens qui s’insurgent contre les changements permanents qu’on impose à  leur environnement de vie ou des réformes jugées inutiles concoctées par des apprentis-sorciers. Pourquoi diable dans ce pays faut-il toujours réformer ce qui fonctionne bien?

Enfin, ceux-là mêmes qui n’arrêtent pas à travers tout le pays de commémorer le passé à travers des cérémonies officielles sont-ils les mieux placés pour accuser de ringardise les régions qui se battent pour la sauvegarde de leur langue moribonde. Je vous laisse juge d’apprécier si le monolinguisme institutionnel français est un signe d’ouverture plus grand que le bilinguisme de nos régions !

Une nouvelle classe politique demain !

Les membres du CPA sont-il catégoriquement opposés à ce que les frontières de la région Alsace telle qu’elle existe (encore) aujourd’hui évoluent ?

Nous n’aurions rien contre une région agrandie à condition que ce soit en réponse à une volonté locale. D’autant plus que demain la gouvernance majeure devrait être exercée par les communautés, qu’elle soit d’agglomération ou de communes. Ainsi il n’y aurait aucune objection, si elles le souhaitaient, de voir des entités mosellanes ou vosgiennes qui travaillent avec l’Alsace dans le cadre des Parcs naturels, ou le Territoire de Belfort dont on connaît la capillarité économique avec la région mulhousienne,  s’unir à l’Alsace.

Est-il bien réaliste d’espérer une annulation prochaine de la fusion des régions ?

Je ne crois pas à un retour immédiat à la situation actuelle, compte tenu que les jacobins sont partout et trop contents quand d’autres jacobins ont pris pour eux des décisions impopulaires. Je pense qu’il faudra d’abord que les partis opposés aux grandes régions fassent un bon score, puis démontrer que la gestion des régions n’apporte rien à nos concitoyens et surtout coûtera plus cher, que nous perdrons en lisibilité, en transparence, en proximité avec les élus et assisterons à la  dilution des décisions et des responsabilités. Seul un mouvement populaire, un comportement électoral négatif autant envers ceux qui ont fait preuve de solidarité gouvernementale forcée qu’envers ceux qui ont péché par manque de courage politique, par calcul ou par intérêt personnel troubleront la conscience d’une – espérons-le – nouvelle classe politique qui rompra avec les inadmissibles comportements antidémocratiques que nous venons de connaître.

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Daniel Hoeffel : « Il faudra revenir sur cette réforme »

L’ancien ministre Daniel Hoeffel, 86 ans, une mémoire vivante de plusieurs décennies de vie politique alsacienne, a inauguré le cycle de conférences du Club perspectives alsaciennes en proposant son analyse – très critique – de la récente réforme territoriale.

Au cours d’un exposé structuré et précis, il a retracé l’historique des réformes des collectivités territoriales depuis 1966 (année de la création des communautés urbaines) jusqu’à la loi « Notre » promulguée en août 2015. Celui qui fut de 1993 à 1995 ministre délégué chargé de l’Aménagement du territoire et des collectivités locales tire une leçon de ces réformes : « La clé de la réussite a toujours été la consultation de la base. » Se situant au-delà de la politique partisane, ce centriste convaincu a reconnu que les lois Mitterand-Deferre de 1982 « allaient dans le bons sens ». Il a rappelé son attachement à la décentralisation et a émis le souhait de voir un jour les régions dotées de « pouvoirs régaliens » et puissent, par exemple, mener leurs propres politiques en matière d’éducation (comme le font les Länder allemands).

Le « miracle » de la conversion des élus alsaciens

Daniel Hoeffel a vivement déploré que la loi « Notre » et le redécoupage des régions n’aient donné lieu à aucune consultation. Cette réforme s’est faite d’après lui dans l’ « improvisation et sur la seule décision du président de la République alors qu’il aurait fallu deux ou trois années de débats préparatoires ». Il juge la future région ACAL « vide de contenu et de liant entre ces parties ; la cohérence d’une région dépend du tissu social, elle ne peut pas se faire par un simple trait de plume ». Il a aussi regretté que le redécoupage « ne tienne nul compte de notre ancrage rhénan ». L’ancien maire de Handschuheim (1965-2008) a ironisé non sans humour sur le « miracle » qui a conduit les élus alsaciens, d’abord hostiles à la disparition politique de l’Alsace, à s’y rallier massivement…

Il est revenu sur le recours qu’il a déposé au Conseil d’Etat, avec le juriste Robert Herzog, pour demander l’annulation de la réforme. « Je ne regrette rien, j’ai fait ce que ma conscience m’ordonnait de faire. Est-ce fou d’attendre de la France qu’elle respecte la charte européenne de l’autonomie locale qu’elle a signée ? Je m’incline devant la décision du Conseil d’Etat mais je ne peux m’empêcher de trouver étranges les arguments avancés par ce dernier. »

Des « convergences possibles » avec Unser Land

Interrogé sur ses relations avec Unser Land et sa tête de liste Jean-Georges Trouillet, il a affirmé, en choisissant bien ses mots, qu’il existe des « convergences possibles » autour d’un certain nombre d’objectifs pour l’avenir. Il a qualifié de « totalement imprévisibles » les élections du mois de décembre et s’est gardé de tout pronostic quant aux résultats.

Daniel Hoeffel ne croit pas à l’inéluctabilité de ce découpage arbitraire et croit qu’il est possible de (re)créer une collectivité Alsace forte qui pourrait avantageusement s’ « arrondir » du côté de la Moselle ou de la région de Belfort-Montbéliard. « Il faudra revenir sur cette réforme. Nous aurons peut-être l’occasion de faire un point d’ici moins de temps qu’on ne le pense… »

Le nouveau régionalisme : un avenir pour l’Alsace

Le Club Perspectives Alsaciennes pose dans ce texte collectif les fondements de sa vision du régionalisme. Texte publié par l’Ami Hebdo le 7 novembre 2015.

Qu’est-ce que le «nouveau régionalisme» ?
E neji Politik fer ùnser Elsàss

Il ne s’agit pas, pour reprendre une formule biblique, de mettre du «vieux vin dans une outre neuve», mais de développer une notion politique qui réponde aux aspirations démocratiques des Alsaciens. Cette idée a pour ambition de moderniser et d’actualiser la notion «d’autonomie » telle qu’elle a existé par le passé pour répondre aux menaces pesant sur l’identité locale (en provenance de Paris comme de Berlin), en intégrant les principes de subsidiarité et de «selfgovernment » qui sont des valeurs de référence de la démocratie en Europe. Le régionalisme est d’abord une revendication politique, qui concerne la société comme les institutions, mais aussi le fonctionnement de l’économie et la promotion de la culture. Dans ce contexte, la proximité du niveau de décision avec le citoyen est un gage de transparence et d’efficacité ; elle se décline aussi pour le choix des modes de vie et de consommation, en accordant une large place à la sobriété énergétique et à la protection de l’environnement. Sur le fond, le régionalisme met l’homme (les femmes et les hommes) au cœur de l’organisation de la collectivité, celle-ci étant le fruit d’une histoire partagée, d’une géographie particulière et d’une volonté collective. En France (comme ailleurs), le régionalisme n’est pas incompatible avec l’idée de nation, dès lors que celle-ci respecte la diversité de ses composantes individuelles et «communautaires» (non communautaristes ») ; toutefois, le régionalisme récuse le terme «d’État-nation» qui nourrit une idéologie clivante, fermée au monde et qui est menacée par le nationalisme chauvin et la gangrène totalitaire.

Comment expliquer le «nouveau régionalisme» ?
Wie geht’s widersch ?

Le régionalisme refuse d’être considéré comme une idéologie, comme tant d’autres «ismes». En fait, c’est une «norme» de structuration sociale dans le cadre d’une région, c’est-à-dire d’un territoire reconnu, habité par une population qui affirme un attachement particulier à cet espace, à son passé comme à ses «pratiques» (langue, musique, cuisine, etc.). Ce qui est important, c’est de décider ensemble ce que nous voulons, et ce que nous refusons, dans le cadre d’une répartition claire des compétences entre les différents niveaux d’administration (de la commune à l’Europe). Au-delà de cet équilibre fonctionnel des pouvoirs, le régionalisme réclame aussi une séparation entre les organes délibératif et exécutif. Enfin, au sein de la région comme entre les régions, pour assurer la solidarité dans l’État et entre les membres de l’Union européenne, le fédéralisme paraît le meilleur système pour garantir la «péréquation» entre les intérêts de tous les partenaires. Ce qui est nouveau, c’est l’approche inclusive, et non plus exclusive, qui guide la réflexion, sachant que chacun a envers la région des droits et des devoirs qu’il doit respecter pour bénéficier des liens du «contrat civique» qui unit les habitants.

Comment construire un projet régionaliste pour l’Alsace de demain ?
E Fàchwarikhüs àls Vorbild 

Les Alsaciens veulent rester ce qu’ils sont, mais acceptent de devenir «davantage», en intégrant, comme ils l’ont toujours fait, de nouveaux éléments dans leur identité régionale. Ce projet est en fait une «procédure», un «chemin» toujours perfectible, qui exige un engagement permanent. Quelques grands axes peuvent être retenus :

❍ Sur le plan politique, il convient de définir une  «souveraineté régionale» qui doit notamment porter sur l’organisation des collectivités locales, en appliquant pleinement les règles de la démocratie et des libertés individuelles ; des institutions «parlementaires représentatives paraissent les plus appropriées pour un tel modèle de gouvernance.

❍ Sur le plan économique, l’économie sociale de marché, qui offre un haut niveau de protection sociale à tous, a prouvé ses qualités ; le mutualisme et la coopération sont, au même titre que les services publics municipaux, sont emblématiques de l’Alsace et méritent un statut particulier pour encourager leur compétitivité.

❍ Sur le plan de la culture, l’utilisation et la transmission de la langue régionale (sous ses formes dialectales comme littéraire, c’est-à-dire l’allemand pour la plus grande partie du territoire alsacien) est au cœur du message régionaliste ; l’enseignement primaire et secondaire, de même que la formation professionnelle, doit être l’une des compétences de la région, tant pour les programmes que pour le recrutement et la gestion des personnels ; la région doit aussi avoir la maîtrise de l’audio-visuel public «de proximité» ; la Charte des langues régionales doit être mise en œuvre sans attendre.

❍ Sur le plan sociétal, le régionalisme prône l’ouverture et la tolérance, chacun devant respecter l’autre, mais aussi s’adapter aux exigences de la cohésion «citoyenne» entre toutes les générations et les catégories sociales.

Comment agir pour l’Alsace dans une ACAL dont elle sera «prisonnière» jusqu’en 2017 ?
Freiheit ùn Respakt fer’s Elsàss

L’ACAL est une «maison» dont les néo-régionalistes contestent la légitimité. Pour «réformer la réforme» (en 2017) avec les autres forces régionalistes françaises, il faut structurer l’ACAL selon une logique territoriale qui respecte les anciennes régions, afin que les politiques publiques puissent être «divisées» sans dommage et pour consolider le sentiment «régional» des citoyens ; l’ACAL doit être une «copropriété» avec le minimum de «parties communes». Pour cela, une organisation administrative en «Agences» permettrait de limiter les institutions «centrales» à une fonction de «holding» appartenant à ses «filiales», le Conseil régional approuvant les décisions élaborées dans des Commissions pour l’Alsace, la Lorraine et la Champagne. Ainsi, nous demandons la création d’Agences spécialisées dans les domaines suivants : économie / attractivité / industrie, enseignement / culture, formation / emploi, énergie / environnement / transports, coopération européenne (ces Agences pourront coopérer entre elles, pour des projets communs, comme le tourisme et l’environnement dans les Vosges). Pour assurer l’égalité entre l’Alsace et les autres composantes de l’ACAL, la clé de répartition des crédits devra être basée sur la population de chaque territoire. Dans cette optique, la fusion des départements du Rhin – une priorité ! – permettrait de conclure des accords de «délégation de compétences» entre l’ACAL et un département Alsace uni.

Aller de l’avant !
S’Elsàss weiss wàs es will

En se lançant dans l’aventure des élections régionales, «Unser Land» fait le pari d’une «elsacianité » qui trouverait son expression dans les urnes, seul vrai «baromètre» de la volonté du peuple. Notre région a été souvent conquise ; notre conviction est que la création de l’ACAL a été «l’annexion de trop» : nous avons une chance, et même le devoir, de prendre notre destin «en mains», en renouvelant une classe politique compromise et décrédibilisée, et en proposant un projet clair et cohérent pour notre avenir.