Football : déculottée pour la ligue Grand Est

Coup de tonnerre à la ligue de football du Grand Est, les représentants des clubs ont rejeté le budget 2019-2020. Avec 47 % contre, 32 % pour et 21 % d’abstention, la défaite est cuisante pour le président Albert Gemmrich. Un tel affront est un évènement rare et lourd d’enseignements.

Mais pourquoi les clubs ont-ils rejeté le budget proposé ? Les informations livrées par les DNA sont sidérantes. Rappelons que c’est Albert Gemmrich qui a organisé la liquidation des ligues d’Alsace, de Lorraine, et de Champagne-Ardenne au profit d’une ligue du Grand Est. Le football alsacien a ainsi été relégué du rang de ligue à celui d’un simple « district ». Tout cela s’est fait sur la promesse d’économies et d’efficacité.

Pour quel résultat ? On apprend maintenant que depuis la fusion, la nouvelle ligue a siphonné 400 000 euros de ses fonds propres. Et avec des recettes en berne et des dépenses difficilement compressibles (frais kilométriques, harmonisation des salaires), la situation ne va faire qu’empirer. Pour compenser les surcouts liés à la fusion des ligues, le budget prévoyait d’augmenter le prix des licences d’un euro pour toutes les catégories, ainsi que les droits de changement de club. A défaut d’économies, on taxe !

Les clubs qui ont sauté dans la fusion des ligues les deux pieds en avant s’en mordent maintenant les doigts. Pourtant, en 2016, Jacques Schleef (ancien membre du comité d’éthique de la ligue d’Alsace de football) et Dominique Lihrmann (président des éducateurs de football d’Alsace) avaient mené la fronde contre la fusion. Mais les présidents de clubs ont préféré suivre Albert Gemmrich. Il est vrai qu’avec ses fausses promesses, ce dernier n’a pas vraiment joué fair-play.

Nous avons une proposition très simple : reconstituer la Ligue d’Alsace de Football ! Cette ligue a très bien fonctionné pendant un siècle. Et pourquoi ne pas réfléchir à organiser des compétitions avec des clubs du Pays de Bade voisin ? Cela coutera sans doute moins cher en déplacement que d’aller dans l’Aube ou les Ardennes.

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