La Région Grand Est a décidé la « liquidation » de certaines activités de l’Agence culturelle du Grand Est, dans un contexte politique et budgétaire où chaque €uro compte. Cette baisse de 60% du budget est particulièrement questionnable pour l’Alsace. Le siège de l’Agence est à Sélestat, où se trouve notamment un parc de matériel scénique. Une réduction forte de ses moyens risque donc de diminuer les services directement accessibles aux compagnies et acteurs culturels alsaciens, alors même que la distance avec les centres de décision régionaux est déjà un sujet récurrent.
Bien sûr, les artistes et opérateurs culturels protestent. Mais ils étaient bien silencieux lors de la fusion forcée de l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne : sans doute ont-ils oublié que c’est l’Alsace qui avait créé (voici un demi-siècle) cette Agence pour soutenir les animations culturelles sur l’ensemble du territoire… La photo où l’on voit des agents décrocher les lettres « Alsace » sur le siège de l’Agence à Sélestat aurait du constituer une sonnette d’alarme.
La culture est un sujet trop important pour être laissé aux seuls professionnels. Un débat est nécessaire entre tous les partenaires concernés, notamment l’Etat (DRAC), les grandes agglomérations et EPIC et la Collectivité européenne d’Alsace pour définir les compétences de chacun, les objectifs poursuivis et les moyens financiers nécessaires.
L’Alsace a besoin d’une stratégie culturelle inclusive, pour protéger et promouvoir son identité et redonner aux Alsaciens le « bonheur culturel » qu’ils sont en train de perdre. Le bilan de l’Agence culturelle est mitigé, il faut le reconnaître, mais ce n’est pas une raison pour la noyer dans l’Ill (difficile, avec la sécheresse, d’ailleurs).