Conseil constitutionnel : Assassinat des langues régionales de France.

Par Thierry Kranzer (www.thierry-kranzer.com)

L’arrêt du Conseil constitutionnel du 21 mai 2021 jugeant inconstitutionnelle l’immersion précoce en langues régionales en France est un véritable « 11 septembre 2001 » pour la diversité linguistique. C’est un assassinat doublé d’une trahison à l’égard des populations périphériques de la Nation. Cet arrêt traduit (je reprends les propos d’un expert onusien de mai 2008), une « approche totalitaire » de la diversité linguistique par la France) fruit d’une pensée génocidaire.

L’Etat français conforte son statut d’ETAT VOYOU au regard des normes internationales (européennes et onusiennes) en vigueur s’agissant de la diversité linguistique. Cette position d’un dogmatisme lénifiant traduit la réalité d’un repli identitaire qui se nourrit tantôt d’une forme de nostalgie inconsciente de la pensée coloniale parfois de celle de la monarchie absolue, voire de l’impérialisme napoléonien. Sur le plan des contradictions, qui démontrent toute l’ampleur de la subjectivité crasse et militante des soi-disant sages, (qui nous rappelle l’arrêt de 1982 s’opposant à la parité), il est bon de noter que la France est championne du monde de l’immersion précoce en langue minoritaire, quand il s’agit du français à l’étranger. D’ailleurs, les 380 écoles françaises de l’étranger qui ont toutes reçu l’agrément du ministère de l’Education nationale français, pratiquent cette immersion totale en maternelle. Le même ministre de l’Education nationale qui salue la qualité de l’enseignement en immersion complète en langue minoritaire quand il s’agit du français à l’étranger a organisé une véritable escroquerie en rassemblant les signatures de 60 parlementaires nécessaires à la saisine, ex expliquant à ces derniers que la saisine ne concernait pas la question de l’immersion, mais celle du financement sollicité à certaines communes.

La Vè République restera la République de la « racaille parisienne » et autres talibans du jacobinisme. A ce sujet, il faudra expliquer au reste du monde libre, pourquoi il reste aussi difficile, en 2021, de parler de parité entre les langues à un jacobin que de parité entre les genres à un taliban. Par ailleurs, il faudra expliquer comment justifier la présence du siège de l’UNESCO (temple onusien de la diversité culturelle) dans le dernier pays officiellement monolingue du monde occidental dont le l’environnement juridique s’apparente à un cadre de ségrégation linguistique pour les millions de locuteurs de langues régionales de France (C’est un peu comme si on mettait le siège d’ONU-Femmes en Arabie Saoudite).

Ce que l’on peut attendre aujourd’hui d’un pays comme la France, donneuse de leçon au reste du monde devant l’éternel en matière de bonne gouvernance, ce n’est pas qu’elle fasse des faveurs aux locuteurs de ces autres langues nationales de France (alsacien, breton, catalan, corse, basque, flamand, occitan), mais qu’elle se contente au moins de s’en tenir aux plus petits dénominateurs communs autour desquels se sont entendues les nations du monde. Cela passe, entre autres par un amendement de la constitution nécessaire à la ratification de toutes les conventions internationales (ONU et Europe) liées aux langues minoritaires.

Enfin, un petit fait divers du 10 juin 1992, qui prouve toute la corruption de l’institution qui se réfère à l’article 2 de la constitution (la langue de la République est le français) . Le 10 juin 1992 au Sénat, en marge de l’adoption de cet article 2, le Garde des Sceaux était venu rassurer les sénateurs inquiets, en disant en substance que cet article n’a pas vocation à être utilisé contre les langues régionales, mais doit préserver la langue française contre l’omniprésence de l’anglais. Quelle image pour la société…Comment , gérer ce « faites ce que je dis faites surtout pas ce que je fais ». Comment attendre des citoyens qu’ils soient exemplaires, alors que nos élites se comportent en voyous caïds. Comment s’étonner de la profusion sur les medias sociaux des théories du complot..quant nous sommes témoins de tels complots au plus haut niveau. Les peuples de France demandent justice linguistique aujourd’hui. Il ne s’agit pas de leur faire une faveur mais de respecter leurs droits.

Comment en sortir : modifier la constitution avant la présidentielle du mai 2022. Le macronisme a été le théâtre de cette mise en scène vulgaire. Elle doit assumer et réagir. Sérieusement après ce coup de Trafalgar, il faudrait être fou pour être Alsacien ou Corse et voter pour le gouvernement qui a légitimé cet assassinat du 21 mai. En 2022, certains n’auront aucune vergogne à voter pour le monstre pour punir l’escroc… mort pour mort. A quoi bon ? La leçon, est aussi qu’il n’y a plus rien à attendre des parti nationaux prisonniers de l’establishment du 16è arrondissement. C’est une question de rapport de force, et cette force se mesurera aux voix reportées sur les partis régionalistes.

REFLEXION : Je ne sais pas comment Brigitte Klinkert va assumer demain d’avoir sur sa liste deux parlementaires qui ont cosigné cette saisine tueuse pour nos langues ? Palme de l’incongruité au député Studer qui a quand même réussi à se féliciter des avancées que permet l’avis du conseil constitutionnel. Ce qui nous prouve qu’on peut toujours trouver des points positifs à un assassinat si bien mis en scène, en distribuant, par exemple, le Prix du meilleur costume du croquemort…

Thierry Kranzer, auteur du livre :

https://www.yoran-embanner.com/politique/360-langues-regionales-au-bord-du-gouffre.html