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Vidéo : présentation du CPA par Victor Vogt

Victor Vogt est membre fondateur du CPA et élu municipal à Gundershoffen. Il nous présente son engagement pour l’Alsace, et la vision que nous portons pour l’Alsace.

 

Parfaitement à l’aise dans notre langue régionale, Victor nous propose aussi une version alsacienne.

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Non ! Ce n’est pas encore perdu !

Oui, l’Alsace est encore possible ! C’est ce que nous montrons dans ce journal gratuit de 12 pages. Imprimé et diffusé à plus de 150 000 exemplaires, il sera prochainement distribué dans de nombreuses villes et villages d’Alsace. Mais vous pouvez d’ores et déjà le consulter en ligne en cliquant sur l’image.

Bonne lecture !

Une du journal

Consultez le journal, et partagez-le  !

L’Alsace que nous voulons !

Le Club Perspectives Alsaciennes, cercle de réflexion réunissant des femmes et des hommes d’horizons politiques divers, revendique la sortie de l’Alsace du Grand Est, afin que soit respectée la volonté de la majorité des habitants de l’Alsace qui n’ont jamais été consultés à propos de cette fusion technocratique. Mais le retour à l’Alsace d’avant n’a pas de sens si elle ne jouit pas d’avantage de pouvoirs, de compétences, aussi bien au niveau de la région que de ses composantes, les territoires locaux.

C’est la raison pour laquelle le CPA a entrepris une ébauche sur la gouvernance et l’architecture institutionnelle d’une nouvelle Alsace sous la forme de ce manifeste qu’il vous invite à lire, en souhaitant également que vous réagissiez à ce document en n’hésitant pas à y apporter vos contributions, car rien ne doit être figé dans l’expérimentation que nous voulons partager avec les Alsaciennes et les Alsaciens.

Téléchargez notre projet pour l’Alsace (pdf)

Un référendum pour l’avenir de l’Alsace

Tribune de Jacques Schleef, fondateur et secrétaire du CPA. Publiée le 9/10/2016 dans les DNA.jacques

Finalement, la revendication d’un référendum portant sur l’avenir de l’Alsace après la réforme territoriale qui a imposé son « incorporation » dans le Grand Est semble progresser dans les esprits, car chacun constate que, faute de débat démocratique réel, la colère n’est pas retombée et qu’au contraire, les protestations politiques et sociales se renforcent dans la population, au fur et à mesure qu’elle prend conscience des conséquences de la fusion.

A vrai dire, même les partisans de l’ACAL y voient leur intérêt, puisqu’ils pourraient ainsi faire « valider » de manière incontestable l’existence de la « Trop Grande Région » ; de leur côté, les régionalistes sont persuadés de pouvoir corriger l’échec du vote de 2013, largement imputable aux querelles intestines de la Majorité Alsacienne (conduite par Philippe Richert) de l’époque. C’est donc une « sortie par le haut » qui se profile et pourrait donner lieu à un scrutin dès l’automne 2017 (date idéale pour mettre un terme aux incertitudes actuelles).

Pour être vraiment démocratique, le référendum doit porter sur une question claire et intelligible par tous, avec des conséquences sans ambiguïté. Il convient également de fixer la composition du corps électoral et les règles de validité du résultat. Voici les propositions qui pourraient répondre à ces interrogations :

  • les citoyens régulièrement inscrits sur les listes électorales des communes du Haut- et du Bas-Rhin sont seuls appelés aux urnes (et non les habitants des autres départements du Grand Est),
  • la participation exigée est de 50% ; pour ce décompte, l’ensemble du territoire est pris en compte (pas de « taux départemental »),
  • en cas de vote « non », les deux départements continuent à faire partie de l’ACAL.

Ni référendum d’indépendance de type écossais, ni Brexit aux conséquences floues, ce référendum serait un signe de maturité civique pour notre Landel et permettrait de faire « tomber les masques ».

Reste à formuler la question, qui pourrait être : « approuvez-vous la création d’une nouvelle région Alsace organisée selon les principes du texte en annexe ? »

En effet, il ne suffit pas de souhaiter le retour à la situation d’avant le 1er janvier 2016, car la « vieille » région avait très largement échoué ; après le refus du « faux projet » de 2013, il convient aussi d’élaborer une architecture institutionnelle attrayante, moderne et efficace, pour mettre l’Alsace « en lice » dans l’espace rhénan. C’est ce travail « constitutionnel » qui doit mobiliser les énergies : pour être crédibles dans la revendication référendaire, les Alsaciens doivent se montrer unis!

C’est le moment de décréter l’amnistie pour les querelles et les rancoeurs du passé, si nous voulons réussir à offrir un horizon alsacien et européen aux futures générations.

Lettre ouverte à Manuel Valls

Le Club Perspectives Alsaciennes a adressé une lettre ouverte à Manuel Valls, à l’occasion de son passage à la Foire européenne de Strasbourg.

En honorant de votre présence l’ouverture de la Foire Européenne de Strasbourg, vous maintenez la tradition qui veut que ce grand événement de la rentrée économique en Alsace soit présidé par un membre du gouvernement. Il était aussi de tradition qu’il apporte quelques bonnes nouvelles pour notre région.

Aujourd’hui celle-ci a perdu son statut, ses institutions propres et se trouve dans une situation de déprime économique d’une gravité sans précédent. Non seulement les indicateurs économiques ou sociaux sont au rouge mais, plus préoccupant, l’évolution est sur une pente déclinante. Le taux de chômage est proche de 10% (catégorie A) et, de 2000 à 2014, il a augmenté de 4,3 points, alors qu’au niveau national la hausse a été de 1,7 points. Les politiques de l’emploi que vous menez n’ont guère porté leurs fruits en Alsace alors que des solutions régionales prometteuses ne sont pas exploitées.

En effet, si le niveau de chômage alsacien a été longtemps inférieur aux moyennes nationales cela s’explique largement par l’emploi transfrontalier. Or, on assiste à une chute dramatique des embauches de jeunes Alsaciens dans les puissants centres industriels de Karlsruhe – Rastatt ou de Bâle notamment, alors même qu’on continue à y recruter massivement puisque le taux de chômage en Bade-Wurtemberg est de 4,1%, comme à Bâle!

La principale raison est connue : les jeunes Alsaciens ne savent plus parler l’allemand qui est aussi la version standardisée de la langue historique régionale, l’alsacien. Le taux de lycéens en filière bilingue français-allemand est dérisoire alors que c’est un atout reconnu par tous les professionnels. Il est ridicule et anachronique d’y voir une quelconque menace pour la cohésion nationale. Au contraire, l’actualité montre que l’identité nationale est la mieux défendue dans les territoires où elle va de pair avec l’attachement profond à une identité régionale !

Bien que le nombre de classes de maternelle bilingues progresse, le système éducatif ne permet pas de former les jeunes à une maitrise suffisante de la langue allemande alors que c’est aussi une ouverture vers d’autres langues, dont l’anglais, qui s’apprennent plus facilement. On manque aussi de professeurs d’allemand et surtout d’une véritable vision en la matière. Le 4 juillet vous avez promis que chaque établissement scolaire de l’académie de Corse pourra proposer une filière bilingue. Si une politique linguistique clairvoyante et volontariste était mise en place en Alsace, il en résulterait un enrichissement personnel pour les jeunes Alsaciens et cela leur ouvrirait des opportunités dans deux des économies les plus compétitives et performantes au monde. Cela faciliterait aussi les coopérations entre entreprises et ferait de l’Alsace le champion français sur le Rhin, ce dont profiterait le pays tout entier, plutôt que de l’allongement des listes de chômeurs et d’allocataires du RSA.

Soulignons encore qu’au niveau industriel le déclassement de l’Alsace est tragique par rapport à sa riche histoire et incompréhensible – mais explicable – si l’on se compare aux réussites des voisins de la vallée du Rhin. Le secteur industriel français souffre de l’inflation normative et d’autres maux bien identifiés. Ne pourrait-on pas innover ici pour progresser en recourant à des expérimentations ? L’Alsace y serait prête, car on y voit mieux qu’ailleurs les bénéfices qui se retirent des bonnes pratiques.

Elle a autour d’elle de petites régions : le Luxembourg (0,6 Millions d’habitants et 2600 km²) Bâle (moins de 0,5 Millions d’habitants pour 555 km²) ou le Vorarlerg en Autriche (0,4 Millions d’habitants pour 2600 km²). Chacune a trouvé en elle-même et grâce à ses marges d’initiative le moyen de devenir un leader mondial dans les secteurs des services, de la chimie, ou de la mécanique. Le pouvoir d’adaptation laissé aux acteurs locaux, la taille optimale pour travailler en réseau avec des partenaires proches et partageant les mêmes valeurs ont été des facteurs décisifs alors que leur situation n’était pas d’emblée favorable.

Qu’attend l’Alsace ? D’abord d’être à nouveau une région française à part entière, car l’on n’avancera sur rien s’il n’existe pas une direction politique capable de fédérer les forces locales et d’être un interlocuteur réactif des partenaires extérieurs et des services de l’Etat. Vous aviez justifié la création des grandes régions par l’amélioration qu’elle apporterait à la définition des politiques économiques régionales. C’est l’inverse qui se passe. Ces immenses territoires aux bureaucraties incompréhensibles, éloignées des citoyens et des forces vives, ne sont pas des espaces pertinents et ne constituent pas des communautés solidaires et dynamiques capables de répondre aux défis de ce temps. Leur gouvernance affiche une perte d’efficacité brutale, tout en explosant leur coût de fonctionnement. La France peut-elle se permettre pareil gaspillage ?

Cette nouvelle organisation territoriale, rejetée par les trois quarts des Alsaciens, est un handicap mortel alors que nous avons une culture économique, un art du vivre ensemble, un sérieux dans la gestion publique qui peuvent faire de notre région un modèle pour d’autres. Le Gouvernement avait d’ailleurs regardé d’un oeil favorable le projet soumis à référendum le 7 avril 2013. L’Alsace devrait aussi être utilisée comme trait d’union avec l’Allemagne, la coopération entre les deux pays restant plus que jamais la condition des avancées de la construction européenne. Seul un pouvoir régional sera désireux et capable de créer les synergies nécessaires.

En politique et en économie on n’échappe pas au principe de réalité. Admettez, Monsieur le Premier Ministre, l’échec d’une expérimentation d’organisation régionale dont les défauts sont d’ores et déjà manifestes. Donnons à l’Alsace l’opportunité d’une relance économique, d’une innovation institutionnelle dont pourront bénéficier d’autres et, en définitive, la France elle-même.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération

Pour le Club Perspectives Alsaciennes
Jean-Daniel ZETER, Président