Dans cette étude, notre économiste Jean-Philippe Atzenhoffer propose une évaluation des économies potentielles offertes par la création d’une Collectivité unique d’Alsace. En supprimant un échelon territorial (région Grand Est), l’estimation serait d’une centaine de millions d’euros par an.
Alsace
Sondage Ifop : 72% pour la Région Alsace, un score « massif »
Découvrez les résultats de notre nouveau sondage Ifop : présentation du sondage simplifiée, ou le rapport complet (pdf)
Dévoilé à la Maison de l’Alsace à Paris, le sondage a été présenté par Jérôme Fourquet, directeur à l’Ifop. Qualifiant le résultat de « massif », il a souligné qu’on se situe même à un niveau un peu plus élevé que les sondages précédents.
De plus, Jérôme Fourquet a également insisté sur le fait que les résultats « transcendent les catégories ». Quels que soient l’âge, la taille des villes, le sexe, les catégories sociaux-professionnelles, le Oui est systématiquement au-dessus de 60%. Ces résultats sont plus homogènes également que lors des précédents sondage.
Les Alsaciens veulent mettre fin à cette « absurdité »
Alors que le gouvernement cherche des économies tous azimuts, la refonte de l’organisation territoriale qu’Emmanuel Macron avait qualifiée de confuse et de coûteuse[1], est plus indispensable que jamais.
François Bayrou a qualifié d’absurdité la fusion des régions, ciblant notamment le Grand Est. A juste titre, tant la fusion s’est soldée par un fiasco, générant des surcoûts au lieu des économies promises.
Créer une collectivité régionale Alsace revient à supprimer une strate en créant une Collectivité d’Alsace unifiant les compétences régionales et départementales. Ce statut unique en lieu et place de la CeA et de la Région Grand Est peut s’opérer par une simple loi ordinaire (article 72 de la constitution).
Or, le sondage IFOP est sans appel. 72% des Alsaciens souhaitent cette unification, le plus tôt possible, et déclarent que passer par un référendum – si nécessaire – n’est pas un obstacle à cet égard. Ce soutien massif réunit à parts sensiblement égales tous les segments de la population : femmes et hommes, jeunes et vieux, ruraux et urbains, ouvriers et cadres.
100 millions d’euros d’économies en dépenses de fonctionnement
En éliminant de nombreux doublons, la suppression d’un échelon constituerait un « choc de simplification ». A la clé, selon nos estimations dont nous publierons bientôt plus détails, les économies réalisées seraient de l’ordre de 100 millions d’euros par an. Portant uniquement sur les charges administratives générales, elles n’altéreraient en rien les services rendus à la population.
Outre les économies budgétaires, la nouvelle Collectivité pourrait répondre aux enjeux spécifiques de l’Alsace, notamment dans les relations transfrontalières cruciales pour son développement économique et environnemental.
Un enjeu national
L’Alsace peut être la clé de pour faire sauter les verrous paralysants toute réforme ambitieuse. Si l’expérimentation alsacienne est fructueuse, elle préfigurerait une réforme de décentralisation qui concernerait l’ensemble des authentiques régions de France.
La presse en parle :
- TF1 : https://www.tf1info.fr/societe/pres-de-3-alsaciens-sur-4-voteraient-en-faveur-de-la-creation-d-une-region-alsace-en-cas-de-referendum-2374917.html
- DNA : https://c.dna.fr/collectivite-europeenne-d-alsace/2025/06/04/72-des-alsaciens-favorables-a-la-sortie-de-l-alsace-du-grand-est-selon-un-sondage
- L’Express : https://www.lexpress.fr/politique/lalsace-prete-a-quitter-le-grand-est-les-enseignements-dun-sondage-saisissant-NJ2PMIVJH5DMPCDVT7BN4WEJFE/
- France 3 régions : https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/alsace/pourquoi-72-des-alsaciens-sont-favorables-a-une-sortie-de-l-alsace-de-la-region-grand-est-3165435.html?
- BFMTV : https://www.bfmtv.com/alsace/grand-est-d-apres-un-sondage-72-des-alsaciens-souhaitent-que-l-alsace-redevienne-une-region-a-part-entiere_AD-202506040702.html
- France Bleu (ICI) : https://www.francebleu.fr/infos/politique/72-des-alsaciens-veulent-toujours-sortir-de-la-region-grand-est-selon-un-nouveau-sondage-ifop-9012001
- Ifop : https://www.ifop.com/publication/souhait-et-vote-des-habitants-en-cas-de-referendum-en-alsace/
- L’Union (abonnés) : https://www.lunion.fr/id721426/article/2025-06-04/pourquoi-la-sortie-de-lalsace-de-la-region-grand-est-va-revenir-dans-lactualite
[1] Interview Le Point du 28/08/2023.
Stop au démantèlement des services hospitaliers en Alsace !
L’heure est grave pour notre santé. L’Agence régionale de Santé (ARS) Grand Est continue à sacrifier des services hospitaliers vitaux en Alsace. Après des fermetures de services à Saint Louis, Altkirch, Thann, etc. la liste va encore s’allonger sous la houlette de l’administration de la Santé, désormais installée à Nancy (siège en image).
Aujourd’hui c’est le centre hospitalier de Wissembourg qui connaît la tempête. Sa direction haguenovienne travaille d’arrache-pied à la fermeture du service de maternité, « trop petit « comme on aime à l’annoncer depuis longtemps. Pire encore, l’ARS Grand Est en profite en catimini pour envisager très sérieusement la très probable fermeture du service d’accueil des urgences. Que restera-t-il bientôt à l’hôpital pour soigner rapidement les Wissembourgeois ? A-t-on bien conscience depuis Nancy du potentiel de soin si on se place dans une optique transfrontalière, Wissembourg se situant à la frontière et pouvant attirer des patients allemands ?
Quant à l’avenir de l’Institut du Cancer de Strasbourg (ICANS), il semble irrémédiablement funeste. Il fermera au 31 décembre prochain dans son organisation complémentaire entre le centre Paul Strauss et Hôpitaux universitaires. Et ce dans l’indifférence générale, alors que le Cancer reste un véritable fléau en Alsace. L’Etat a pourtant investit 150 millions d’euros pour accompagner ce projet inédit de complémentarité d’expertises médicales, validé et salué en son temps tant au niveau national à l’avenue de Ségur que par l’inspection générale des affaires sanitaires. De même, il était considéré comme prioritaire pour l’ARS Alsace et tous les professionnels de santé, et plébiscité par l’instance alsacienne de la démocratie sanitaire (CRSA). Tout cela sera bientôt du passé. Plus aucun responsable administratif aujourd’hui ne tient compte de ces décisions. Qu’en pense le Gouvernement à l’heure de l’injonction formulée il y a quelques jours de « veiller à la bonne application de principes de gestion nécessaire au redressement des comptes publics » ?
La Collectivité Européenne d’Alsace est consultée pour donner son avis sur le projet régional de Santé de l’ARS Grand Est qui validera ces transformations et fermetures. Nous attendons une réaction ferme de nos élus, qui doivent associer les habitants, patients potentiels, et les structures concernées.
Les Alsaciens doivent s’élever avec véhémence contre le démantèlement systématisé depuis 2016 de notre système de santé, et plus généralement l’effondrement des services publics de proximité. Cela est d’autant plus insupportable que l’ARS Grand Est poursuit les projets pharaoniques au-delà de la ligne bleue des Vosges. Nancy sera doté d’un nouveau CHU pour 800 millions d’euros, de même que Reims pour 500 millions, avec 200 créations de postes annoncées dans la presse locale à l’ouverture.
Il existe deux solutions alternatives pour mettre fin à ce désastre :
- dissoudre l’ARS Grand Est et reformer l’ARS Alsace.
- dissoudre l’ARS et transférer la compétence de santé exercée à la Collectivité d’Alsace (qui reste encore à créer). Une telle décentralisation est un modèle existant chez nos voisins européens.
L’objectif est double. D’une part, il s’agit de retrouver une équité dans les ressources consacrées à la santé, en mettant fin au siphonnage dont les Alsaciens sont victimes. Mais surtout, il est nécessaire de prendre en compte les besoins réels et le potentiel de soin qu’offre le bassin rhénan, aujourd’hui ignorés par une administration nancéenne déconnectée de ces réalités.