Dix ans après la création des méga-Régions par François Hollande, le malaise devant cette « décentralisation jacobine » persiste, en Alsace et ailleurs. L’enquête concernant la perception de la Région Grand Est – commandée et payée par elle – en dit long sur l’inquiétude qui ronge les partisans de ce conglomérat sans identité propre ni valeur ajoutée démocratique, notamment après le récent sondage ICA/MPA/CAP qui a relevé que 72% des Alsaciens souhaitent un référendum sur la sortie de la CeA de la RGE.
L’enquête menée par la Région Grand Est est un exercice habile, rédigé avec subtilité afin d’obtenir les réponses voulues. A la question de savoir si on est « satisfait ou pas satisfait de vivre dans la région Grand Est », 92% répondent oui. Mais être satisfait de vivre chez soi peut-il être vraiment être interprété comme une approbation de la réforme territoriale de 2015 ? On pourrait poser exactement les mêmes questions dans n’importe quelle autre endroit de France qu’on obtiendrait à coup sûr des résultats quasiment identiques !
Il est particulièrement intéressant de noter que même malgré ces efforts de guidage et d’orientation des réponses, la Région Grand Est ne parvient pas à trouver un plébiscite en Alsace. Les résultats sont sans appel : 53 % des citoyens alsaciens estiment que la région Grand Est est une « mauvaise chose » et, logiquement, soutiendraient son démantèlement (si on avait le courage d’organiser un vote à ce sujet).
Mais au lieu d’en tirer les conclusions qu’imposent sa propre étude, la Région Grand Est continue à nier la réalité. Face à la défiance des Alsaciens, elle soumet la population à un « matraquage » qui vise à détruire irrémédiablement la culture alsacienne, ciblant spécialement les jeunes. Elle est aidée en cela par l’Etat, qui a forcé la fusion des fédérations sportives afin de « familiariser » les nouvelles générations avec le cadre territorial imposé en 2015. Les efforts menés en faveur du bilinguisme français-allemand et du rétablissement des Ligues de football et de tennis autonomes (par ex.) ont montré leurs limites !
Quant aux autres sujets abordés, ils « enfoncent des portes ouvertes ». Les actions citées au bilan de la RGE n’ont aucune spécificité, dans la mesure où il s’agit de compétences générales largement soumises aux décisions ou à l’influence de l’Etat (santé, emploi, transport, environnement). Au contraire, 33% des personnes interrogées s’expriment en faveur de la réorganisation territoriale, ce qui témoigne de l’importance de cette préoccupation pour une fraction substantielle de la population.
Malgré les propos patelins de Franck Leroy, les réflexions en cours à Paris sur la réforme de l’Etat le taraudent. L’ancien maire d’Epernay sait que le retour à une Région Alsace permettrait d’économiser des dizaines de millions d’argent public, ce qui est la vraie priorité du gouvernement. L’horizon n’est donc pas si dégagé pour la RGE qu’il cherche à le faire croire. En fait, le maintien des structures actuelles est un gâchis qui protège de nombreux intérêts particuliers.
Enfin, si la majorité des « Grand-estiens » sont satisfaits de vivre là où ils sont installés – nul doute que c’est aussi le cas des Alsaciens. Et ils le seront s’autant plus quand ils retrouveront une région Alsace de plein exercice !
Mois: juin 2025
Sondage Ifop : 72% pour la Région Alsace, un score « massif »
Découvrez les résultats de notre nouveau sondage Ifop : présentation du sondage simplifiée, ou le rapport complet (pdf)
Dévoilé à la Maison de l’Alsace à Paris, le sondage a été présenté par Jérôme Fourquet, directeur à l’Ifop. Qualifiant le résultat de « massif », il a souligné qu’on se situe même à un niveau un peu plus élevé que les sondages précédents.
De plus, Jérôme Fourquet a également insisté sur le fait que les résultats « transcendent les catégories ». Quels que soient l’âge, la taille des villes, le sexe, les catégories sociaux-professionnelles, le Oui est systématiquement au-dessus de 60%. Ces résultats sont plus homogènes également que lors des précédents sondage.
Les Alsaciens veulent mettre fin à cette « absurdité »
Alors que le gouvernement cherche des économies tous azimuts, la refonte de l’organisation territoriale qu’Emmanuel Macron avait qualifiée de confuse et de coûteuse[1], est plus indispensable que jamais.
François Bayrou a qualifié d’absurdité la fusion des régions, ciblant notamment le Grand Est. A juste titre, tant la fusion s’est soldée par un fiasco, générant des surcoûts au lieu des économies promises.
Créer une collectivité régionale Alsace revient à supprimer une strate en créant une Collectivité d’Alsace unifiant les compétences régionales et départementales. Ce statut unique en lieu et place de la CeA et de la Région Grand Est peut s’opérer par une simple loi ordinaire (article 72 de la constitution).
Or, le sondage IFOP est sans appel. 72% des Alsaciens souhaitent cette unification, le plus tôt possible, et déclarent que passer par un référendum – si nécessaire – n’est pas un obstacle à cet égard. Ce soutien massif réunit à parts sensiblement égales tous les segments de la population : femmes et hommes, jeunes et vieux, ruraux et urbains, ouvriers et cadres.
100 millions d’euros d’économies en dépenses de fonctionnement
En éliminant de nombreux doublons, la suppression d’un échelon constituerait un « choc de simplification ». A la clé, selon nos estimations dont nous publierons bientôt plus détails, les économies réalisées seraient de l’ordre de 100 millions d’euros par an. Portant uniquement sur les charges administratives générales, elles n’altéreraient en rien les services rendus à la population.
Outre les économies budgétaires, la nouvelle Collectivité pourrait répondre aux enjeux spécifiques de l’Alsace, notamment dans les relations transfrontalières cruciales pour son développement économique et environnemental.
Un enjeu national
L’Alsace peut être la clé de pour faire sauter les verrous paralysants toute réforme ambitieuse. Si l’expérimentation alsacienne est fructueuse, elle préfigurerait une réforme de décentralisation qui concernerait l’ensemble des authentiques régions de France.
La presse en parle :
- TF1 : https://www.tf1info.fr/societe/pres-de-3-alsaciens-sur-4-voteraient-en-faveur-de-la-creation-d-une-region-alsace-en-cas-de-referendum-2374917.html
- DNA : https://c.dna.fr/collectivite-europeenne-d-alsace/2025/06/04/72-des-alsaciens-favorables-a-la-sortie-de-l-alsace-du-grand-est-selon-un-sondage
- L’Express : https://www.lexpress.fr/politique/lalsace-prete-a-quitter-le-grand-est-les-enseignements-dun-sondage-saisissant-NJ2PMIVJH5DMPCDVT7BN4WEJFE/
- France 3 régions : https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/alsace/pourquoi-72-des-alsaciens-sont-favorables-a-une-sortie-de-l-alsace-de-la-region-grand-est-3165435.html?
- BFMTV : https://www.bfmtv.com/alsace/grand-est-d-apres-un-sondage-72-des-alsaciens-souhaitent-que-l-alsace-redevienne-une-region-a-part-entiere_AD-202506040702.html
- France Bleu (ICI) : https://www.francebleu.fr/infos/politique/72-des-alsaciens-veulent-toujours-sortir-de-la-region-grand-est-selon-un-nouveau-sondage-ifop-9012001
- Ifop : https://www.ifop.com/publication/souhait-et-vote-des-habitants-en-cas-de-referendum-en-alsace/
- L’Union (abonnés) : https://www.lunion.fr/id721426/article/2025-06-04/pourquoi-la-sortie-de-lalsace-de-la-region-grand-est-va-revenir-dans-lactualite
[1] Interview Le Point du 28/08/2023.