Mois: janvier 2024

Quand la connivence entre les médias et la Région Grand Est s’affiche en plein jour

La cérémonie du Grand Prix du Trombinoscope des Territoires s’est tenue le 28/11/2023 à l’hôtel de la Région Grand Est de Strasbourg. Organisé par une entreprise spécialisée dans la communication politique (Trombi Média), l’objectif de ce prix est de récompenser des politiques dont l’action a participé au « rayonnement de la Région Grand Est au-delà de ses frontières ». Le nom des personnalités a été choisi par des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle du Grand Est.

Nous pouvons constater que le microcosme politico-médiatique entretient des relations très étroites. Car non seulement les prix ont été remis à l’hôtel de la Région Grand Est, mais sur les 8 prix, 3 sont revenus au président et à deux vice-présidents du Conseil régional :

  • Franck Leroy : président (prix de la personnalité de l’année)
  • Valérie Debord : première vice-présidente (prix du conseiller régional de l’année)
  • Thibaut Philipps : vice-président aux transports (prix de la révélation de l’année)

Et pour entretenir des bonnes relations de complaisance avec les médias, rien de mieux que d’organiser un beau cocktail pour l’occasion. Suite à une question du conseiller régional Jordan Guitton (groupe RN), la Région Grand Est a indiqué qu’il a couté 2 519 euros, budget imputé à la direction du protocole et des relations publiques.

Comment s’étonner encore de la partialité avec laquelle les médias traitent la question de la sortie de l’Alsace du Grand Est ? Souvent traité de manière caricaturale dans les médias « locaux » quand il n’est pas simplement soumis au silence, le sujet va manifestement à l’encontre de leur logiciel de pensée. Entretenir cette connivence en utilisant l’argent public de la Région pour ce type d’évènement, voilà qui est bien commode pour un traitement complaisant des actions de la Région Grand Est.

Selon le dernier baromètre de la confiance des Français dans les médias (Kantar), seul un quart des Français estime que les journalistes sont indépendants aux pressions de l’argent (26%) ou à celles du pouvoir (24%). Une crise de défiance manifestement bien partie pour durer.

Bonne « Résolution »

Le Conseil de la Collectivité européenne d’Alsace a adopté solennellement, dans sa session plénière du 18 décembre, son « Projet pour l’Alsace de demain ». Enfin !

Par cette Résolution, l’institution qui – depuis 2021 – est en charge du présent et de l’avenir de l’Alsace a exprimé sans fioritures la revendication politique de sa sortie de la Région Grand Est. Cette étape cruciale est le résultat d’un travail de fond impliquant à la fois les élus et le peuple alsacien d’une manière plus large. Notre association a joué un rôle actif dans ce processus et a contribué à enrichir le projet par son expertise.

La procédure souhaitée par Frédéric Bierry et sa majorité départementale pour obtenir le statut de Région européenne d’Alsace (ReA) – conformément à l’article 72 de la Constitution, sur le modèle de la Corse – est claire, crédible et opérationnelle. La délibération demande le vote d’une loi d’habilitation pour permettre au gouvernement (cf article 38 de la Constitution) de définir le nouveau statut de l’Alsace hors du Grand Est, la date d’entrée en vigueur étant fixée au 1er janvier 2025.

Désormais, c’est à Paris que tout se joue, alors que le calendrier est très serré. Le Président Emmanuel Macron va devoir trancher, car l’Alsace ne peut pas être en même temps dans la RGE et bénéficier de missions et de moyens spécifiques. La ReA est la seule réponse possible à l’exigence démocratique d’une large majorité des citoyens. Son statut doit faire l’objet d’une concertation avec tous les partenaires concernés (y compris la RGE) dans la plus grande transparence, car le capital de confiance du chef de l’Etat a beaucoup diminué. Malheureusement, organiser un référendum n’est sans doute plus possible : toutefois un débat ouvert à tous est indispensable pour légitimer une telle démarche.

Aux Alsaciens de mettre la pression, notamment en sollicitant les parlementaires (députés et sénateurs) afin de permettre le vote de cette loi d’habilitation au printemps (avant les élections européennes). Quant au contenu du statut, les « ingrédients » sont d’ores et déjà à l’Elysée.

 Bonne année 2024 ! E gueter Rutsch ins neje Johr !