Urgence au Grand Est !

Le président du Grand Est Jean Rottner a annoncé reprendre à temps partiel ses activités professionnelles de médecin urgentiste à Mulhouse. S’il est tout à fait louable d’exercer une activité de médecin dans un service hospitalier en difficulté, on peut tout de même s’interroger sur les motivations d’un tel choix, surtout quand on exerce un mandat politique censé demander un investissement total. Même si Jean Rottner affirme qu’il essayera essentiellement de prendre cette charge sur son temps privé, son emploi du temps de président de conseil régional sera réaménagé pour être allégé.

Sans vouloir tirer sur l’ambulance, cette annonce inédite appelle tout de même les commentaires suivants :

  • Dorénavant la région sera dirigée à temps partiel, ce qui annonce le début de la campagne pour les élections de 2021 et la multiplication des querelles entre les ambitions et les rivalités qui déchirent déjà l’actuelle majorité régionale.
  • Comment ne pas interpréter l’annonce, à l’approche des élections, comme un coup de communication visant à redorer une image écornée par le retournement de veste sur la question de l’Alsace et du Grand Est ? Jean Rottner s’adresse ainsi spécialement aux Mulhousiens, peut-être dans le but de se positionner pour retrouver ses fonctions de maire de Mulhouse au printemps 2020. Ce qui au passage exigera l’éviction « douloureuse » de Michèle Lutz qui espérait bien conserver le poste.
  • Malgré ses affirmations, Jean Rottner est conscient que le Grand Est s’achemine irrémédiablement vers l’échec (notamment avec la création de la CeA) et souhaite donc préparer son avenir (au Sénat ?).

Après la démission de Philippe Richert, ce nouveau coup de théâtre montre l’instabilité fondamentale de la grande bureaucratie régionale. Le Grand Est est une région à laquelle personne ne croit, même si certains font semblant d’y croire. Une région que même les présidents ne veulent pas présider.